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ACT : une maison d’hôtes alternative en Thaïlande (n°2)

Photo du profil de Laeti Photo du profil de Marie-Aube écrit par et le 26 mai 2015 à 9:19 et modifié le 8 juillet 2015 à 13:58- 0 commentaire

Laetitia nous a raconté sa passion pour la Thaïlande et comment son projet de tourisme responsable et caritatif était né (ACT : bienvenue en Thaïlande ! (n°1)). Découvrez en détail ACT, Active Conservation Travel, et soutenez sa campagne de crowdfunding sur Leetchi.

 

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Laetitia !

Marie-Aube : En quoi consiste ton projet d’éco-tourisme en Thaïlande ?
Laetitia : Le concept est simple : fusionner tourisme avec action solidaire et protection de l’environnement. Les touristes mettraient à profit leurs vacances pour faire de bonnes actions et partager le quotidien des locaux. Je souhaite ainsi accueillir les touristes dans une maison d’hôtes et mettre au point des activités de bénévolat. S’y ajouteront également des activités plus classiques hors des sentiers battus (treks, cours de cuisine, de massage, agriculture, visites de cascades, sources d’eau chaude…).

Cascade à Doi Inthanon (Nord de la Thaïlande).

Marie-Aube : Comment est née l’idée de ce projet d’éco-tourisme?
Laetitia : J’ai voyagé en Asie (8 mois sac à dos) après avoir obtenu mon Master Recherche en chimie à l’ENS de Lyon. J’ai également travaillé comme bénévole pendant 1 an en Thaïlande pour réintroduire des gibbons dans leur environnement. Ces deux expériences m’ont enrichie et ont changé ma vie. Aujourd’hui, j’ai trouvé une passion : préserver la beauté et la fragilité de la nature. Je souhaite la partager avec les touristes et les locaux. De plus, je me suis rendue compte du nombre de choses que peut manquer un touriste… Et certains comportements m’exaspéraient (détritus jetés n’importe où, manque de respect envers les locaux sous prétexte que les touristes ont plus d’argent…). Un voyage ne se résume pas seulement à des visites ou à profiter de la plage, pour moi. La piscine de l’hôtel 4 étoiles ressemblera à toutes les autres… Le vrai voyage, j’en suis convaincue, c’est le contact avec la population : apprendre des locaux leur façon de vivre et leur culture. On garde ainsi des souvenirs ineffaçables. En plus du contact humain, faire une bonne action rend vraiment heureux. Quand j’étais bénévole, je travaillais et j’avais en retour reconnaissance et satisfaction. Et ça vaut tout l’argent du monde !!


 
Marie-Aube : Quels sont les buts, concrètement, de ce projet?
Laetitia : Mes buts sont nombreux :
1. Aider le village à préserver sa forêt ;
2. Aider les communautés locales en générant des emplois ;
3. Promouvoir le respect des coutumes locales, de la nature et de sa conservation.

Marie-Aube : Quelles seront donc les actions menées par ACT ?
Laetitia : Pour protéger l’environnement, ACT agira notamment sur la pauvreté et le manque d’informations. Ce sont les principales raisons qui poussent les locaux à braconner et couper les forêts. J’ai de nombreuses idées d’actions :
1°) Pour aider les enfants et adolescents :
– cours dans les écoles pour initier à la conservation de l’environnement sous forme de jeux ;
– organiser des activités pendant les vacances et les week-ends dans le village telles que des leçons d’Anglais, du sport en équipes ;
– organiser des sessions d’information sur la contraception.
2°) Pour préserver la forêt :
– prévenir les feux de forêt ;
– planter des arbres ;
– installer des poubelles publiques ;
– promouvoir le recyclage ;
– collaborer avec le GRPC (the Gibbon Rehabilitation Project Chiang Mai), qui lutte pour la sauvegarde des gibbons.
3°) Améliorer le développement du village :
– améliorer le système de distribution d’eau et d’évacuation des eaux usées (les eaux usées sont directement rejetées dans la rivière aujourd’hui) ;
– construire un terrain de football afin d’organiser des activités sportives.


 
Marie-Aube : Es-tu seule sur le projet?
Laetitia : Je suis associée à un Thaïlandais et une Française. Elle vit à Paris. J’ai des amis proches qui m’aident officieusement (un illustratrice, un traducteur (français-anglais-thaï), 2 amies en école de commerce à Lyon). Je les ai rencontrés au projet des gibbons (GRPC) et nous avons gardé contact (des personnes formidables).

Marie-Aube : Où en es-tu de ce projet ?
Laetitia : ACT est vraiment devenu sérieux en décembre 2014 (écriture d’un business plan, sondage auprès des gens, rendez-vous à la banque…). Je me suis lancée dans le crowdfunding car en France j’ai essuyé de nombreux refus auprès des organismes de crédit (NEF, banques,…) car ACT aura lieu en Thaïlande. J’ai partagé mon projet autour de moi pour le faire connaître. J’ai trouvé une associée française et l’école de tourisme de Montpellier EFHT est prête à m’aider en y consacrant une classe de BTS. J’ai eu un rendez-vous avec un avocat pour mieux connaître les lois, j’apprends le Thaï. Je cherche à nouer des contacts. J’évalue précisément les dépenses pour compléter mon business plan. Et quand tout cela sera bouclé, mon associé thaï m’aidera à démarcher les banques en Thaïlande.

Proverbe trouvé dans un temple à Chiang Mai : Donner apporte plus de bonheur que recevoir.

Marie-Aube : A quels touristes s’adresse la maison d’hôtes ?
Laetitia : ACT combine les aspects positifs du voyage et du bénévolat. Il est destiné à ceux qui ont soif de découverte, de curiosité et qui désirent expérimenter une autre façon de voyager (loin de la masse touristique). ACT s’adresse également à ceux qui désirent s’investir dans des actions humaines et/ou environnementales (mais qui n’ont pas le temps de s’investir plusieurs mois). ACT proposera de vraies missions. Vous ferez des rencontres qui vous marqueront à vie. Donner de votre temps, vous n’en serez que plus riche !

Marie-Aube : Où sera construite cette maison d’hôtes ?
Laetitia : Mon choix s’est porté sur un village précis près de Chiang Mai car une ONG relâche des gibbons dans la forêt alentour ((GRPC, dont je vous ai parlé). Cette ONG existe depuis 23 ans à Phuket mais elle s’est implantée depuis mai 2014 vers Chiang Mai. Les gens sont chaleureux et accueillants mais la pauvreté conduit certains à exploiter la forêt et à braconner. Aucun système efficace de prévention et d’informations n’a encore été mis en place pour éviter que les gibbons relâchés soient de nouveau braconnés… J’avais pris l’initiative de créer des jeux avec les enfants du village sur le thème de la conservation lors d’une mission pour construire une cage d’entraînement. Je suis convaincue qu’il faut agir sur la cause : des gens qui aiment leur nature et qui ont un travail honnête ne voudront pas faire un travail illégal. J’ai beaucoup voyagé et j’ai compris que pour aider les animaux et la nature, il faillait aider l’Humain.

Forêt près de Chiang Mai.

Marie-Aube : Comment construiras-tu la maison ?
Laetitia : La maison d’hôtes adoptera le style de maison qui se fait en Thaïlande du Nord (en bambou et en bois). J’aimerais participer à la construction, pas seulement pour faire des économies mais aussi parce que j’aime mettre la main à la pâte.

Marie-Aube : Concrètement, comment se passera le séjour des touristes que tu accueilleras ?
Laetitia : Le programme prendra en compte ce que désirent les gens (je suis en train de penser à différentes formules selon la saison). Mais dans l’idée, ils travailleront le matin comme bénévole avec des activités variées. L’après-midi sera consacré à des visites (cascades, sources d’eau chaude, artisanat, temple…), au cours de boxe thaï en soirée (mon associé thaï a fait de la boxe pendant plusieurs années), et au cours de cuisine le soir (par moi-même). Certaines activités demandent 1 journée complète (voir 2) comme un trek en forêt.

Marie-Aube : Vivras-tu sur place ?
Laetitia : J’y vivrai moi-même, je m’occuperai de l’organisation, et également des cours de cuisine (les voyageurs cuisineront avec moi et pourront apprendre les secrets de la cuisine thaï). J’ai appris à cuisiner thaï grâce à des amis quand j’ai bénévole. Un bon moment de partage. Je suis végétalienne et j’aimerais faire découvrir (sans imposer bien sûr) ma cuisine (même mon père, un ancien boucher, s’est mis à cuisiner sans viande !). Je sais que la cuisine végétalienne fait peur (surtout aux Français). Beaucoup de Français me disent « tu manges quoi alors ? ». Venez et je vous montrerai !

Repas végétalien : légumes, champignons et tofu.

Marie-Aube : Tu parles de générer des emplois ?
Laetitia : J’emploierai des gens du village pour encadrer les activités (des jeunes sans emplois ou qui travaillent la moitié de l’année dans les champs de riz…). Ce sera un moyen pour eux de pratiquer leur anglais. Il s’agira également d’un complément de revenus pour des fermiers, des personnes qui font de la cueillette (pousse de bambous, feuille de banane séchées, café…).

Marie-Aube : Quel prix envisages-tu de proposer pour les séjours dans ta future maison d’hôtes?
Laetitia : Concernant le prix que j’envisage pour ma maison d’hôtes (ce n’est pour le moment qu’une idée de tarif), je pense proposer des formules tout-inclus (logement, nourriture, activités bénévolat + activités touristiques) pour 650 € par personne et par semaine.

Marie-Aube : Parle-nous du financement de ton projet.
Laetitia : Nous sommes à la recherche de fonds et nous cherchons à nous faire connaître. Après de nombreux refus d’emprunts en France, j’ai fait appel au financement participatif. Voici ma collecte sur Leetchi : www.leetchi.com/c/act – qui m’a permis de réunir 1 390 € à ce jour grâce à la générosité des donnateurs. En échange d’un don, j’offre des cadeaux de Thaïlande et des bons de réduction à valoir sur un séjour chez ACT. J’ai également 10 000 € d’économies et mon associée française va investir. J’essaie d’emprunter le reste. Récemment, j’ai revu mon budget à la baisse : je cherche plutôt à louer une maison afin de commencer ACT le plus tôt possible. Quand le projet sera lancé, alors je pourrai envisager de m’agrandir. Au départ, je voulais acheter un grand terrain pour me lancer dans la permaculture et tenter d’être auto-suffisante.

ACT a besoin de vous pour réussir !

Marie-Aube : Où peut-on en savoir plus sur ton projet – en plus des articles qui seront régulièrement publiés sur So What?, bien sûr ?
Laetitia : Voici mon site internet www.active-conservation-travel.com et ma page Facebook (700 fans déjà !) Voyage pour l’avenir.
Ma collecte sur Leetchi : www.leetchi.com/c/act – à partager autour de vous !

Le logo de ACT. Le tronc de l’arbre représente l’une des positions des mains de Bouddha lorsqu’il appelle à l’apaisement. Le feuillage est notre Terre. Ce logo appelle à l’action et cherche à apaiser les tensions entre les Hommes et la Nature.

Marie-Aube : Merci pour toutes ces informations ! Bon courage et à très vite pour des infos toutes fraîches sur le déroulement de ton projet !
Laetitia : Merci à toi et aux lectrices et lecteurs qui ont pris le temps de lire cette interview. Je réponds à toutes vos questions avec plaisir. J’espère vous donner bientôt de bonnes nouvelles. (J’attends que les choses deviennent officielles avant de vous en faire part au fur et à mesure…)

Photos : © Laetitia.

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