Proposer un article

Corps et Ombres: Le Caravage à Toulouse et à Montpellier

écrit par le 23/07/2012 et modifié le 24/07/2012 - Théâtre / Expo - 0 commentaire

Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571-1610) est un peintre milanais exceptionnel, fascinant. Sa peinture est d’une telle force novatrice, voire subversive, que son influence s’étend rapidement de l’Italie à toute l’Europe, dès ses premières œuvres. On parle d’un « phénomène caravage », alors que lui-même n’eut pas d’élève.

 

L’exposition Corps et Ombres retrace justement l’influence de ce style dans les ateliers de Rome, bien sur, puis dans ceux d’Utrecht, en Hollande, à Anvers, chez les peintres flamands, fortement inspirés par Le Caravage, ainsi qu’en Espagne (notamment avec Zurbaran), à Naples et aussi bien sur en France, avec notamment Georges de La Tour. Tous les peintres de l’époque sont touchés, même si leur origine et leur style différent.

Cette exposition est divisée en deux parties : l’une à Montpellier, au musée Fabre, l’autre au musée des Augustins, à Toulouse. Je vous parlerai de la partie toulousaine, n’ayant pas visité l’autre.

Mais qu’est ce que le style du Caravage ? Et pourquoi un tel engouement ?

Le style est nouveau, dérangeant, aussi bien par la force du trait, l’explosion d’énergie, de grâce, que par les thèmes abordés et leur traitement. Sa peinture est très réaliste, les expressions des visages extrêmement fouillées. Les corps sont en eux-mêmes un langage: corps en souffrance, en action, en retrait ou en force. Tout est extrême, passionné, à l’image de la vie même du peintre, très tourmentée semble-t-il . Et bien sur, sa peinture se distingue particulièrement par la maitrise des ombres et des lumières, dont Le Caravage joue avec un talent considérable.

L’engouement pour une telle vision du monde s’explique par cette force, cette passion. Une peinture de Le Caravage ne se regarde pas : on entre directement à l’intérieur, attiré par la vie qui y règne, et on est en même temps imprégné par sa lumière et son mystère.

Au musée des Augustins, les œuvres présentées montrent comment la peinture flamande et hollandaise, s’est inspirée de Le Caravage, par la lumière et l’expressivité des corps, ainsi que le réalisme des scènes. On y voit quelques œuvres de Gerrit Von Hornthorst, dont le Christ aux outrages, magnifique. La plupart de ces peintres hollandais ont séjourné plusieurs années en Italie, comme Dirk von Baburen, et Henrick Ter Brugghen. Des scènes bibliques, des allégories, des figures populaires, attestent d’un même gout pour le clair-obscur, et la vivacité des expressions, le mouvement émergeant des tableaux.

Jan Janssens, de Gand, Theodoor Rombouts, et Gérard Seghers, d’Anvers, apportent les meilleures contributions au style caravagesque, notamment avec le reniement de Saint-Pierre, de Gérard Seghers.

Ne manquez pas l’audiovisuel de la collection Palettes, qui détaille les chefs-d’oeuvre de Le Caravage à la chapelle de l’église Saint-Louis des Français à Rome : passionnant.

Si au cours de vos vacances, vous passez par le sud et le sud ouest, ne manquez pas cette grande exposition qui rend un hommage à ce peintre hors du commun, semblant nous adresser un message universel par-dessus les siècles.

Seule, hélas, la partie de l’exposition se tenant au musée Fabre à Montpellier présente des œuvres du Caravage : 9 au total, dont le  Sacrifice d’Isaac

L’exposition a lieu jusqu’au 14 octobre 2012.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *