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Étudiante PAS cochonne

écrit par le 5/03/2015 et modifié le 25/10/2017 - Sexe - 0 commentaire

Pour le mois érotique sur So What ? (thème de février dernier), j’ai fait des recherches scientifiques et approfondies sur les films x, et ai constaté que toute une catégorie de ceux-ci concernait les étudiantes. Aussi m’interrogé-je.

 

Etudiante pas cochonne © Louise Maudet

 

J‘avoue ne pas saisir le potentiel érotique d’une étudiante. Elle sont jeunes, et ça, c’est un problème selon moi. Pas seulement parce qu’il y a peu elles n’étaient pas majeures, mais aussi parce qu’elles n’ont aucune expérience, ou pas beaucoup (normalement). Sans compter qu’elles ont encore leurs boutons d’acné souvent, vivent chez papa et maman, écrivent en langage sms, rient comme des idiotes, hésitent systématiquement entre chouiner comme des bébés et jouer les dames. A quel moment ça devient sexy ? N’oublions pas les vêtements informes (elles traînent encore leurs complexes de lycéenne), l’épilation au rasoir qui gratte, le studio de 9m² qui sent le renfermé, les dizaines de paires de chaussures en plastique, le teint grisâtre soirée-pâtes-bibliothèque-pâtes-soirées. Ajoutons encore les mauvaises notes (c’est dur de passer du lycée à la fac), les bitures qui peuvent mal finir, les avortements douloureux, les 3 jobs pour payer le loyer au fast-food, à la bibliothèque, à l’accueil d’une grande entreprise dans une grande tour, les rhumes qui durent 3 semaines parce que les mutuelles étudiantes n’assurent pas. Sexy ?

Ayant été moi-même étudiante, je sais de quoi je parle. Je ne me souviens pas d’avoir porté – comme dans les films érotiques en question – d’uniforme mini-jupe vichy rouge avec un chemisier blanc noué au-dessus du nombril. Non, pour aller en amphi, je n’aurais pas osé. Et je me serais peut-être faite sortir, d’ailleurs. Quant au trajet de mon studio (qui sentait, bon, le mien…) de banlieue jusqu’à la fac au cœur de Paris, dans cette tenue, je n’aurais pas donné cher de mon intégrité physique. C’est certainement bien regrettable, mais à la fac, on s’habillait plus en jean en fait. Et je ne me souviens pas m’être coiffée de ma 1ère année de DEUG (aujourd’hui L1, pour les fœtus) jusqu’à celle de mon Master 1 d’ailleurs. Pas le temps. Trop de travail. Du coup, pour un film x, on ne m’aurait sûrement pas engagée. Ah, et aussi, dans les même films érotiques avec étudiantes, ces dernières se retrouvent souvent dans un pensionnat, avec des professeures sévères (parfois qui utilisent un fouet), et les étudiantes passent systématiquement leur temps libre à se caresser entre elles. Déjà, ça n’existe pas (à ma connaissance) les internats de fac. Ensuite, j’ai interrogé mes amies ayant passé leur lycée en internat, et bien elles sont unanimes : elles ne faisaient jamais ça. Les uniformes sont portés par des lycéens ou des enfants dans des établissement privés, et là l’allusion est juste écœurante (et illégale d’ailleurs). D’où sortent donc les étudiantes des films érotiques ?

Une question me taraude. Est-ce que ça marche pour les étudiants ? Si j’ai bien compris, il faut : un internat, un uniforme, des profs pervers, des parties de jambes en l’air homosexuelles, peu d’heures de cours pour avoir le temps de se pomponner et de s’adonner aux fameuses parties de jambes en l’air (plus quelques heures de fouet avec les profs). Réaliste, je dirais. Ça serait quoi, l’uniforme d’étudiant ? Short moulant ? Jean slim ? Vichy ? J’ai un peu de mal à visualiser. On aurait donc tous ces étudiants mâles en internat qui passeraient leurs journées à se faire fouetter (mais à aimer ça), en petit short rouge vichy et marcel blanc, par leurs professeurs masculins, en classe, et qui passeraient leurs nuits à se caresser et s’envoyer en l’air entre étudiants (mâles) un peu partout dans l’internat. Jusque là, ça me fait plus rire qu’autre chose. J’ai dû louper un truc. Ah, on rajoute quelques touches d’acné, des demi-poils qui poussent, des chaussettes lavées par maman le week-end, un sac à dos crado, là, on est bon. Mais pas érotique en revanche. N’aurais-je pas tout compris ?

Bref, je crains de ne pas avoir vraiment résolu le mystère des étudiantes cochonnes. Si vous avez des suggestions…

Illustration : © Louise Maudet
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