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La Fille d’avant – JP Delanay

écrit par le 29/06/2018 et modifié le 29/06/2018 - Livres - 0 commentaire

Jane accepte les conditions très particulières du bail de l’appartement du One Folgate Street à Londres et y emménage. Parce que l’appartement est magnifique et qu’elle a besoin de se remettre de ses blessures dans un lieu particulier… Emma, quelques années plus tôt, avait elle aussi choisi de s’y installer. Petit à petit, Jane se rend compte que sa vie au One Folgate Street se calque étrangement sur celle d’Emma, qui a pris fin de manière dramatique…

 

Résumé

Jane accepte les conditions très particulières du bail de l’appartement du One Folgate Street à Londres et y emménage. Parce que l’appartement est magnifique, que le quartier est très agréable, que le loyer est dérisoire, qu’elle a besoin de se remettre de ses blessures dans un lieu particulier… Emma, quelques années plus tôt, avait elle aussi choisi de s’y installer malgré les exigences étranges de son concepteur, l’architecte Edward Monkford. Petit à petit, Jane se rend compte que sa vie au One Folgate Street se calque étrangement sur celle d’Emma, qui a pris fin de manière dramatique…

La Fille d’avant
JP Delanay
Éditions Le Livre de Poche
Paru le 8 février 2018
512 pages
8,40€

Auteur

JP Delanay est le pseudonyme d’un auteur qui a publié plusieurs romans à succès. La Fille d’avant est son 1er thriller psychologique et est en cours d’adaptation par Imagine Entertainment, la société de production de Ron Howard (célèbre pour ses rôles dans Happy Days, Cocoon, Apollo 13, Un homme d’exception).

Notre avis

Au début, le roman est intéressant…

L’écriture est agréable. Le style est fluide. Le rythme est prenant – au début : le récit alterne les chapitres parlant de Jane (aujourd’hui) et d’Emma (avant). On apprécie tout de suite le suspens, l’ambiance mystérieuse du One Folgate Street que l’on découvre avec ses nouvelles habitantes. L’appartement est froid, entièrement connecté et les conditions du bail sont drastiques (voire délirantes). On ne rêve pas de s’y installer (moi, non, en tous cas) et on se dit qu’il faut être soit crétin soit désespéré pour accepter un tel contrat (interdiction de modifier quoi que se soit, de laisser ses affaires traîner par terre, d’avoir des enfants…). Emma et Simon semblent un peu désespérés (et relativement crétins), Jane a l’air totalement crétine. Mais on est curieux et on continue à lire.

Puis ça se gâte sérieusement…

On voir venir de très, très, très loin les bizarreries d’Edward Monkford, architecte du One Folgate Street. Et on continue d’espérer qu’il y aura des surprises…

À partir du moment où Edward Monkford s’envoie en l’air avec Jane (page 114) puis Emma (bien sûr) on a l’impression de lire un reboot mieux écrit (écrit quoi) de 50 nuances de Grey. Et donc on s’ennuie fermement. Edward Monkford est un bon amant, bla bla, mystérieux, bla bla, très riche, bla bla, qui parle plusieurs langues, offre des cadeaux chers et choisit pour toi au restaurant (des poissons vivants ou shirouo – ça ne plaît pas à tout le monde), , et « il a sûrement raison » quand il dit qu’une relation parfaite est une relation sans engagement… E.L. James sors de ce roman ! Immédiatement ! Pitié !

Et lorsque, tout d’un coup, au détour d’une page, sans que tu t’y attendes, arrive une réflexion désagréable pour la France, tu te demandes vraiment ce que tu as fait à l’auteur… En France, les gens auraient une approche « détendue » des relations adultères, et donc jugeraient parfaitement normale la relation de Jane avec Edward Monkford… Bien sûr, demandez à n’importe quels Français ou Françaises qui a appris qu’il était avait été trompé par son compagnon, il vous répondra que ça l’a tout de suite détendu. Et pour nous, les Françaises et les Français, un homme qui veut juste s’envoyer en l’air avec une femme tout en contrôlant sa vie, ne l’aime pas et lui explique que ce n’est pas le but de la relation, et surtout l’a choisie pour sa ressemblance à son ex décédée, et bien pour nous, les Françaises et les Français, disais-je, c’est super normal…

Après, ça empire…

On s’ennuie avec les récits des coucheries d’Edward Monkford avec Jane et Emma, mais le récit vire au ridicule dans la 2ème moitié du roman.

La vie de la 1ère fille, Emma, ne ressemble plus à rien : Emma a menti au sujet du cambriolage, de son petit-ami… Elle a menti à la police, à ses amants, à sa psy… Tant et si bien qu’on ne suit plus, on la déteste de plus en plus, on la trouve ridicule, pathétique et on se fiche un peu de ce qui peut désormais lui arriver. Les scènes de sexe entre Emma et Edward Monkford sont de plus en plus glauques (et leur relation aussi) : « – Oui, papa. Oui. » en plein ébat, c’est écœurant. Même pour une lectrice française. Emma découvre qu’elle aime les « mâles alpha », la violence dans sa sexualité (et ses relations)…

La 2ème fille, Jane, est toujours aussi niaise. Elle apprend des choses inquiétantes sur son amant architecte mais reste avec lui. Elle le soupçonne d’avoir assassiné sa 1ère femme et leur fils ainsi que que son ex (Jane), mais reste avec lui.

Même l’acriture devient ridicule dans cette 2ème partie du roman. On lit des « Ce soda semble hurler : Je suis enceinte ! » ou « Cher Saul, pardonnez-moi de vous écrire à l’improviste. ».

Le final ? Pire que tout.

Attention cette partie de notre critique contient des spoïlers sur le dénouement. Si vous souhaitez la lire, cliquez sur le texte flouté. On apprend enfin qu’Emma est une folle mythomane et nymphomane qui aime se faire frapper pendant l’amour et manipule tout le monde. C’est son ex, le gentil Simon, qui l’a tuée et est en fait encore plus dingue qu’elle et Edward Monkford (pourtant ils sont déjà pas mal atteints). La 1ère épouse et le fils d’Edward Monkford sont vraiment morts par accident. Jane (la 2ème fille) a fait un enfant dans le dos à Edward Monkford : elle avait prévu, dès le jour de leur rencontré, de lui faire un enfant… Cet enfant s’avère être trisomique et Edward de proposer à Jane d’abandonner l’enfant en échange de l’appartement du One Folgate Street. Mais Jane veut soutirer tout ce qu’elle peut à Edward puis passer à autre chose et garder son enfant. Retournement de situation : c’est donc Edward Monkford qui s’est fait manipuler par Jane alors qu’il adore tout contrôler et manipuler. Il est tout heureux de découvrir cela et propose à Jane qu’ils se remettent ensemble. Pathétique. Épilogue : une nouvelle femme visite le One Folgate Street et elle a, elle aussi, une vie compliquée (un ex mari tyrannique)… On recommence.

Bref, on passe tout un roman avec 3 personnages tordus, on n’a aucune explication à leur comportement, juste un étrange mélange de leurs folies respectives. Ni thriller ni psychologie dans ce roman. On passera son chemin…

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