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Test : Senran Kagura Burst (3DS)

écrit par le 28/02/2014 et modifié le 3/07/2015 - Cultivée, Jeux vidéo - 0 commentaire

Senran Kagura Burst - jaquette 3DS PALTamsoft  – Nintendo 3DS – Disponible depuis le 28 février 2014 en boîte (le 27 sur l’eShop) – 34,55€ sur l’eShop

Nintendo tente de convaincre deux publics en ce mois de février : aux amateurs de poils longs et en nombre, il leur offre Donkey Kong Country : Tropical Freeze sur Wii U. Et à ceux qui préfèrent une peau douce mais qui sait se faire respecter, il les dirige vers Senran Kagura Burst sur 3DS. Et je n’aime pas passer l’aspirateur.

Nintendo 90DS

Je me souviens avec émoi de ce jour où mon activité de pigiste JV, dans mon intention de faire connaître des trucs atypiques et aux senteurs inconnues, m’avait amené à parler de Senran Kagura pour la toute première fois. C’était au détour d’un article annonçant le développement du jeu sur 3DS, où celui-ci s’appelait encore Kagura : Portrait of Girls (vous pouvez aller le lire, la honte ne m’étouffera pas). Nous étions en 2011, un temps où Nintendo n’avait pas encore honte de la 3D autostéréoscopique de sa nouvelle console portable. Aujourd’hui, le passage de Senran Kagura Burst entre mes mains signe le fin d’un fantasme noué autour de trois titres. Si Catherine et The Last Story sont venus rompre de manière plus ou moins brutale le doux rêve que je faisais à leur sujet, le cas de Senran Kagura Burst était quelque peu différent. Que réclamer de plus à un jeu qui décidait de vous offrir un casting quasi-exclusivement composé de femmes à la poitrine évidente, pour un programme où tout ce beau monde était censé s’affronter et laisser apparaître ses sous-vêtements en cas de bobos répétés ? A priori rien, surtout quand on sait qu’avant Senran Kagura, son producteur nous avait pondu Half-Minute Hero, un RPG qui s’était dit qu’un gameplay sortant des sentiers battus, ça n’était pas assez et qu’il fallait en ajouter deux, trois autres pour être tranquille. Pensez donc, des seins en 3D. Du jamais vu.

Senran Kagura Burst (1)

Œuvrant dans l’ombre pour des idéaux qu’ils estiment juste, les shinobi sont notamment connus pour leurs talents d’espions et d’assassins (que j’ai failli écrire avec une apostrophe). Ils se divisent en deux catégories : les bons et les méchants (véridique). Des écoles de formation de shinobi existent, car rien n’est inné, mais elles sont soigneusement cachées aux yeux des élèves dits ordinaires. C’est qu’il ne faudrait pas encourir le risque d’être contaminé par la plèbe. Surtout que, telle une classique production érotico-pornographique, dans Senran Kagura Burst, les shinobi en devenir sont tous de plantureuses jeunes femmes. Le jeu nous propose deux éclairages différents, un pour chaque clan. Il sera d’ailleurs conseillé de débuter par le clan Hanzô (le « bon ») qui représente en fait le premier Senran Kagura. Mais il faut savoir qu’à l’instar des Chevaliers du Zodiaque, chaque apprenti shinobi du clan Hanzô a son équivalent « maléfique » (ou sombre) chez le clan Hebijo. Asuka et Homura partagent une queue de cheval et le leadership de leur groupe, Katsuragi et Haruka ont toutes deux des penchants malsains, Yagyû et Hikage sont les renfermées de la bande, Hibari et Yomi ont en commun l’amour de la malbouffe et Ikaruga et Mirai sont d’agaçantes exceptions à ma règle.

Senran Kagura Burst (2)

Et que font toutes ces incitatrices à boire du lait, beaucoup de lait ? Elles s’entraînent en vue d’être acceptées en tant que shinobi, tout simplement. Sachant que chacune n’a pas forcément les mêmes motivations que la voisine, ce que vous découvrirez dans les nombreux flashbacks auxquels vous fera assister le jeu. Lequel n’est d’ailleurs pas un simulateur de toucher mammaire mais bien un visual novel entrecoupé de phases de beat them all. Non, pas l’inverse. Parce que oui, pour peu que l’on se concentre uniquement sur les missions scénarisées, les bastons représentent chacune en moyenne moins de cinq minutes de jeu, lorsque les textes qui les introduisent prennent bien un quart d’heure à défiler. Sur des arrière-plans et des thèmes musicaux de qualité, certes, mais ces passages pourront endormir le joueur francophone qui devra en plus faire un effort de traduction, aussi minime soit-il, pour comprendre ce qu’on lui raconte (l’anglais employé n’est pas trop retors). Le rythme du jeu en prend fatalement un coup bien que le scénario soit efficace et assez agréable à suivre (on doit le script à Yukinori Kitajima, responsable du scénario de Chaos Rings). Il reste malgré tout léger et les caractères des donzelles se déduisent sans forcer de leur dégaine, reste que les dialogues, en particulier par l’intermédiaire de Katsuragi, surprennent parfois par leur ton osé (si l’on m’affirmait que la demoiselle n’était pas lesbienne, son sens du tactile resterait alors une énigme à mes yeux). Une première justification du 16+.

« Yamete Kudasai » qu’elle disait

La seconde proviendra de ces phases où, en subissant un certain nombre de coups répétés, votre personnage verra ses vêtements se déchirer, pour se retrouver dans le pire des cas en soutien-gorge et petite culotte. Le même schéma pourra se produire en face lors d’un affrontement avec un membre du clan rival. Un troisième cas de figure est également à noter. Sous la barre de vie de votre ninjette se situe une jauge qui, remplie à au moins un bloc, vous permettra d’accéder à une transformation shinobi, donnant ainsi lieu à une courte séquence où les fesses et la poitrine de votre personnage viendront quasiment se coller à votre écran. Une métamorphose qui a son utilité dans le gameplay puisqu’elle vous autorisera à lancer une attaque spéciale, nécessitant elle aussi un bloc de votre jauge verte. Des moments qui solliciteront la 3D de la portable, mais entre nous, l’effet n’est pas saisissant, ne serait-ce que par le fait que ces cinématiques interviennent majoritairement en plein dans des affrontements où votre apprenti ninja virevolte dans tous les sens… ainsi que vos yeux. Pas toujours facile dans ces conditions de concentrer son regard en l’espace de cinq-dix secondes, aussi attrayant le spectacle affiché puisse-t-il être. Mais ça n’est pas tâche impossible non plus.

Senran Kagura Burst (4)

Le plus gros problème de Senran Kagura Burst, ce n’est pas son discours, que l’on pourra juger trop sulfureux ou pas assez. Il ne vient pas non plus de sa partie histoire qui, en dépit de l’apparente fainéantise de sa réalisation et de son aspect archaïque, arrive néanmoins à nous imprégner des émotions des personnages grâce à un doublage japonais particulièrement convainquant. Rien de tout ça. Là où le titre de Tamsoft déçoit, c’est dans sa difficulté, pratiquement inexistante durant une bonne partie du jeu. La différence entre une mission une étoile et une autre à trois étoiles (sur une échelle de cinq) pourra paraître infime une fois que l’on sera parvenu à abuser le système. Pour venir à bout de la majorité de vos adversaires, vous pourrez ainsi vous contenter de bourrer le bouton X en attendant de voir apparaître un cercle vert, signe qu’un combo aérien sera possible en pressant la touche A. Et une fois dans les airs, vous pourrez enchaîner les combos en réappuyant sur A au bon moment, ce qui rappellera aux anciens le procédé des Meteor Smash de quelques DBZ sur PlayStation. À moins d’être confronté à des ennemis usant d’attaques à distance qui demanderont des esquives de votre part (la défense pure est impossible), vous ne serez jamais vraiment mis en danger.

Senran Kagura Burst (3)

Et là, le château de cartes s’écroule. Le character design rond et mignonnement aguichant de Nan Yaegashi, les musiques punchy et sucrées d’un collectif talentueux, l’habillage dans son ensemble de Senran Kagura Burst, tous ces éléments perdent de leur superbe puisque rien ne se mérite vraiment. Avant chaque combat, il est même possible d’entrer en état « Frantic » en appuyant sur L et R simultanément. Vous vous retrouvez alors en petite tenue avec une défense amoindrie, mais en contrepartie, vous gagnez en attaque et en vitesse. Y a-t-il aussi besoin de parler de la montée en niveau des filles et d’ajouter que leurs enchaînements pourront varier selon leur niveau de Yin et de Yang ? Oui si l’on veut en profiter pour louer la quantité non négligeable de choses à débloquer (persos, titres, musiques, tenues et accessoires qui ne confèrent aucune technique et ne modifient en rien vos caractéristiques). Non car ces points peinent vraiment à faire oublier le challenge, absent, de Senran Kagura Burst. Et c’est dommage, forcément, encore plus quand on apprend qu’un futur shinobi doit passer trois cents heures sous l’eau pour maîtriser l’esquive correspondante. Si l’on creuse jusqu’à la moelle en acceptant l’invitation d’un enrobage réussi, on trouvera probablement des défis bien coriaces à relever, mais à partir du moment où ils ne s’imposent pas au joueur, c’est déjà une défaite en soi.

Deux jeux en un, des gros seins, Senran Kagura Burst nous amène du lourd qui tient bien dans les mains. Malheureusement, son gameplay très peu punitif aura eu raison de sa bonne humeur, de ses visuels charmants et d’une bonne durée de vie forte de 140 missions. Le programme pourra cependant passer plus facilement pour qui voudra juste donner des baffes tout en se rinçant l’œil de longues minutes durant dans le dressing room. À avoir espéré un baiser langoureux et un accès direct à une paire de fesses bien fermes, on se retrouve à recevoir un rire moqueur et une tape sur l’épaule. Donc voilà, ne fantasmez pas trop fort et trop longtemps, ça fait mal.

6/10

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