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Banquises – Valentine Goby

Écrit par le 10/10/2011 et modifié le 2/12/2011 - Cultivée, Livres - 0 commentaire

En 1982, Sarah quitte la France pour l’Ummannaq au Groeland, loin de sa famille, elle part à la recherche de soi, de son être noyé par la perte de son amie et de ses certitudes. Elle n’en reviendra pas.

Ce roman touchant et bouleversant nous entraine dans des « entredeux », ce sont ces lieux limités dans le temps où l’on fait généralement que passer sans s’y attarder. Ces lieux aussi vides que plein que sont les gares, les métros et les aéroports. Au terme de ces 246 pages on se rend compte que la vie peut être tout entière construite sur cet entredeux, construite sur l’attente lorsque l’on perd un être chère.
En 1982, Sarah quitte la France pour l’Ummannaq au Groeland, loin de sa famille, elle part à la recherche de soi, de son être noyé par la perte de son amie et de ses certitudes. Elle n’en reviendra pas.
C’est à ce niveau que Valentine Goby excelle, dans son art de manier la plume pour imposer au lecteur cette attente, cette espérance ; aussi bien dans la forme (des phrases courtes, descriptives, sensibles et directes) que dans le fond (cette alternance dans la temporalité). Vous l’aurez bien compris le texte n’est pas linéaire il nous faut suivre le narrateur Lisa, cette sœur cadette qui souffre en silence de la perte de sa sœur « son modèle ». Une souffrance psychique qui la mène à se poser la question de savoir qu’elle est sa place au sein de ce foyer éclaté, doit-elle prendre la place de Sarah, ou au contraire sans démarquer ? Une souffrance physique également, avec un corps qui s’exprime en refusant toute nourriture, un corps qui se meurt de l’intérieur pour créer un signal extérieur de détresse.

Lisa lors de son voyage sur les traces de sa sœur vingt sept ans plus tard, fera la connaissance d’un territoire dévasté en perte de repère, vivant sur des lendemains incertains un peu comme elle jusque là.

Elle y découvrira l’immensité des espaces, le froid et une population attachée à une culture et à un savoir vivre en passe de disparaître. Refaire le chemin à l’envers pour clore un cycle de douleur, pour être libre.

On ne peut laisser ce roman de côté tant on veut connaitre le destin de Sarah, l’énigme, la raison.

Le pire étant l’ignorance.

P.S : Ce roman est en lice pour le Grand Prix du roman de l’Académie Française.

S.A

En librairie depuis le 18 août 2011.

Publié aux Editions Albin Michel.

18 euros.

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