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Bonne résolution : reconversion professionnelle (tout savoir sur le CIF)

Écrit par le 16/01/2012 et modifié le 10/07/2015 - Conso, Thème du mois - 0 commentaire
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Reconversion professionnelle : démarches administratives en vue …

Avec le début de la nouvelle année viennent les bonnes résolutions.
Celles qu’on prend à la légère, sans vraiment y penser, et qu’on ne respecte jamais.
Mais il y a aussi ces engagements qu’on prend envers soi-même, tout le long de l’année, sans jamais sauter le pas.
Evoluer professionnellement, changer d’emploi ou de métier … cela fait parti de ces promesses qu’on se fait silencieusement à chaque début d’année.
Et si cette fois-ci, vous vous écoutiez vraiment ?

Si vous avez déjà une idée, pour en savoir plus sur les démarches à effectuer, adressez-vous au CCI de votre région.
Si vous êtes salarié, sachez que vous avez droit à un congès de création d’entreprise.

Par contre, si vous n’avez pas de réel projet établi, n’hésitez pas à vous tourner vers un :

 Bilan de compétence :

Cela consiste en une série d’entretiens avec un conseiller, afin d’établir un portefeuille de vos compétences, acquises à la fois lors de votre parcours professionnel, mais aussi de vos activités extra-professionnelles.
Il s’agit d’un repositionnement, d’une réelle remise en question de ses connaissances, de ses savoirs-faires et de ses savoirs-être.
En général, vous utiliserez des heures de DIF ( droit à la formation).
Une fois votre projet finalisé, il est temps de penser à votre reconversion.
Si cela doit passer par l’obtention d’un nouveau diplôme, alors vous pourrez, sous condition, accèder au :
Congés Individuel de Formation. (CIF)
En France, la formation tout au long de la vie est favorisé par la législation.
C’est l’occasion de se former, d’acquérir de nouvelles compétences, et de les faire valider par un diplôme reconnu par l’Etat.

Condition d’éligibilité :

Concernant les CDI, il faut avoir été salarié durant 24 mois, dont 12 mois dans l’entreprise actuelle.
Exception : pour les entreprises artisanales de moins de 10 salariés, il faut 36 mois de présence dans l’entreprise.

 

Pour les CDD, il faut avoir été salarié 24 mois, consécutifs ou non, au cours des 5 dernières années, dont 4 mois consécutifs ou non, sous contrat de travail à durée déterminée, au cours des 12 derniers mois.
De plus, la formation devra s’éffectuer en dehors du temps de travail.

Pour les intérimaires, il faut avoir avoir travaillé 1 600 heures dans le travail temporaire au cours des 18 derniers mois, dont 600 heures dans l’entreprise de travail temporaire (ETT) qui signe l’autorisation d’absence. La demande d’autorisation d’absence doit être déposée en cours de mission ou dans un délai maximum de 3 mois après le dernier jour de mission.

Les démarches à accomplir :

La demande d’autorisation d’absence pour formation.
Le salarié doit en premier lieu demander une autorisation d’absence pour formation.
Elle doit être écrite, préciser l’intitulé, la durée et la date d’entrée en formation, ainsi que l’organisme qui la dispensera.
Envoyez votre courrier au moins un mois avant le début de la formation.
Et en LRAR pour plus de sécurité.
Exception : pour les formations/stage dont la durée s’étend sur plus de 6 mois, il faut adresser sa demande d’autorisation d’absence, au moins 2 mois avant le début de la formation.

La réponse de l’employeur devra intervenir dans le mois qui suit votre demande.
Il ne peut pas refuser votre demande, mais peut la reporter pour un maximum de 9 mois, et ce pour seulement deux motifs :
* Raison de service : lorsque le départ du salarié en formation est préjudiciable à la production et à la bonne marche de l’entreprise.
* Effectifs simultanément absents : lorsque 2% des salariés sont ou seront simultanéement en CIF.

La demande de prise en charge financière de votre formation
Ce sont les FONGECIF ( Fonds de gestion du CIF) ou les OPCA ( Organisme Paritaires collecteurs agréés) qui financent les formations continues.

Ils financent :

* La rémunération, à hauteur de 80 à 90% de votre rémunération habituelle.
Exception : si votre salaire est inférieure à deux fois le SMIC, alors vous obtiendrez le maintien de votre rémunération à 100%
* Le coût de la formation, total ou partiel.

Plus rarement :

* Les frais de transport
* Les frais d’hébergement.

Vous pouvez faire une demande à votre entreprise, pour les frais que les organismes paritaires ne financeraient pas.

Les FONGECIF et OPCA fonctionnent grâce aux cotisations annuelles versées par les entreprises, et parfois grâce à des subventions.
Toutefois, leur budget n’étant pas illimité, et au vu du nombre grandissant de demandes de formation, ils ne peuvent pas financer tous les projets de salarié.

A titre d’exemple, en région Centre, tout en tenant compte de la pertinence et la cohérence du projet du salarié par rapport au marché de l’emploi, voici la liste les priorités de prise en charge :

• P1 – Reconversion diplômante de salarié non qualifié et/ou création ou reprise d’entreprise
• P2 – Reconversion diplômante de salarié déjà qualifié (Le demandeur possède une qualification dans un domaine différent de celui qui est visé)
• P3 – Première qualification (pas en reconversion).
La Validation des Acquis de l’Expérience est privilégiée
• P4 – Qualification supérieure
(Le demandeur est titulaire d’un diplôme de niveau 5 ou plus et exerce déjà dans le domaine visé)
• P5 – Ouverture à la vie sociale et à la culture
(Ex : sapeur pompier volontaire, musique, vie associative, alphabétisation …)
– Perfectionnement

 

C’est pourquoi vous devrez monter votre dossier avec attention et rigeur.
L’autorisation d’absence de votre employeur, mais également lettre de motivation et CV, estimation des coûts générés par la formation, des recommandations ou des promesses de stage, la preuve des démarches que vous avez effectués qui prouvent votre motivation, la connaissance du secteur d’activité dans lequel vous souhaitez vous former, de la documentation concernant la formation que vous envisagez…

Transmettez votre dossier au plus tard, trois mois avant le début de la formation.
Dans l’idéal, il est conseillé de s’y prendre six mois à l’avance. En effet, au préalable du montage de dossier, un entretien avec un conseiller OPACIF est obligatoire. Et les délais d’obtention de cet entretien peuvent être long ( un à deux mois).

Une fois votre dossier déposé, il sera éxaminé lors d’une commission qui a lieu une fois par mois.
La décision favorable ou défavorable sera notifiée au salarié sous huit jours.

Si la décision est défavorable : vous pouvez effectuer un recours gracieux, en apportant un élément nouveau au dossier.
Ou redéposer une demande de financement pour l’année suivante.

Si la décision est favorable : vous intégrez votre formation et vos droits en entreprise sont maintenus : cumul des congès payés, calcul et droits liés à l’ancienneté.
A l’issue de la formation, vous pourrez ré-intégrer votre entreprise dans votre emploi antérieur. Toutefois, même si le diplôme obtenu est valable dans votre entreprise, votre employeur n’est pas tenu de vous proposer une promotion ou une augmentation de salaire qui serait en adéquation avec votre nouvelle qualification.

Voici quelques exemple de formations accessibles aux adultes
(diplôme, certification ou titre professionnel).

Titre professionnel de Conseiller Insertion à l’Emploi
Brevet d’Etat d’éducateur sportif
CAP Coiffure
BTS Action Commerciale
MBA (Master of Business Administration)
A noter : La prise en charge FONGECIF n’est possible que si vous trouvez une formation dispensée sur un an.
Pour prendre l’exemple des BTS (normalement en deux ans), certain organisme de formation pour adulte le propose en un an ( GRETA, AFPA ).

Vous avez tous les éléments en main pour vous ouvrir la voix d’une nouvelle vie … professionnelle !

Neigeline Bunet
 

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