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Des enfants trop parfaits – Peter James

Écrit par le 21/08/2015 et modifié le 21/06/2019 - Livres - 0 commentaire

Naomi et John Klaesson ont perdu leur fils à l’âge de 4 ans, Halley, décédé d’une maladie génétique. Ils souhaitent avoir un autre enfant, et font appel au généticien controversé le docteur Leo Dettore pour concevoir un bébé dont le code génétique ne contiendra pas le gêne de cette maladie…

 
Des enfants trop parfaits – Peter James

Résumé

Naomi et John Klaesson ont perdu leur fils à l’âge de 4 ans, Halley, décédé d’une maladie génétique. Ils souhaitent avoir un autre enfant, et font appel au généticien controversé le docteur Leo Dettore pour concevoir un bébé dont le code génétique ne contiendra pas le gêne de cette maladie. Le docteur Dettore leur propose d’autres options : régler le cycle de sommeil, les aptitudes physiques, la taille… Naomi et John font les choix qui leur semblent les meilleurs pour leur futur bébé, qu’ils veulent avant tout en bonne santé. Dès la grossesse, des événements étranges se produisent…

Des enfants trop parfaits
Peter James
Éditions Pocket
Parution : 11 juin 2015
576 pages
7,90€

Auteur

Peter James : né en 1948 en Angleterre, il a été scénariste et producteur aux États-Unis. Il est ensuite retourné en Angleterre et se consacre aujourd’hui à l’écriture de romans policiers. Il est l’un des auteurs de polars les plus lus outre-Manche. Il a créé le personnage récurrent du commissaire Roy Grace et a été récompensé pour son 1er roman, Comme une tombe (2006). Il possède aussi une société de production.
 
Peter_James_20100330_Salon_du_livre_de_Paris_3 © Georges Seguin

© Georges Seguin

 
Bibliographie :

Comme une tombe, éditions du Panama, 2006
La mort vous va si bien, éditions du Panama, 2007
Mort… ou presque, éditions du Panama, 2008
Tu ne m’oublieras jamais, Fleuve Éditions, 2010
La mort n’attend pas, Fleuve Éditions, 2011
À deux pas de la mort, Fleuve Éditions, 2012
Aux prises avec la mort, Fleuve Éditions, 2013
Que ta chute soit lente, Fleuve Éditions, 2014
Des enfants trop parfaits, Fleuve Éditions, 2014
Que sonne l’heure, Fleuve Éditions, 2015

Son site officiel : www.peterjames.com.
Sa page Twitter : @peterjamesuk.

Notre avis

On ne peut être insensible au désir de ce couple d’avoir un 2ème enfant en bonne santé, après la perte de leur 1er fils, Halley. Et on peut même comprendre leur visite dans les « bureaux » du docteur Leo Dettore : que peut-il y avoir de mal à souhaiter que son enfant ne possède pas les gènes d’une maladie génétique mortelle ? Et le lecteur entre dans la vie de ce couple par cette porte.

Point de « Je n’aurais jamais pu faire ça ! » trop hâtif ! Les choses se compliquent lors des séances avec le généticien : quid de la couleur de ses yeux ? Sa taille ? Son cycle de sommeil ? Le généticien a de bons arguments, et même avec son recul, le lecteur ne peut s’empêcher de s’interroger. La 1ère partie du roman pose de nombreuses questions : et si c’était possible ? Que ferait-on ? Est-ce si mal ? Je ne prône bien sûr pas l’eugénisme, mais on s’interroge ! Le débat a le mérite d’être sur la table.

Ensuite, dès la grossesse de Naomi, les choses se compliquent : des douleurs étranges, des envies bizarres.

Et suite à une erreur, la démarche de Naomi et John se retrouve à la Une de tous les journaux américains. La société dans laquelle le couple évolue n’est pas plus prête que la nôtre à accepter des bébés sur mesure. Des détracteurs ne voient pas d’un bon œil les manipulations génétiques qui ont précédé la grossesse Naomi…

Et dès la naissance de leur progéniture, et de façon de plus en plus évidente les toutes 1ères années, les choses se compliquent encore. Qu’a fait le docteur Dettore à leur insu ? S’est-il trompé ou a-t-il sciemment joué avec la génétique sans les en informer ? Entre des détracteurs mal intentionnés, les difficultés qu’ils rencontrent après la naissance, et les questions qu’ils se posent sur le généticien, Naomi et John vont vivre des mois et des années compliquées et sans repos. Le roman devient rapidement un thriller haletant, qu’on ne peut lâcher sans en connaître la fin. Un de ses romans auxquels on pense encore quand on n’est pas en train de le lire.

La suite de notre chronique contient des spoïlers explicites sur le dénouement du roman, ne la lisez pas si vous voulez garder la surprise ! Et lisez-la lorsque vous aurez lu le roman ! Cliquez sur le texte flouté pour lire la suite.

Le final m’a en partie déçue – mais en partie seulement : je m’attendais depuis le début ou presque à ce que le docteur Leo Dettore ne soit pas vraiment mort. Mais cet événement convient bien à l’histoire. Le couple aurait peut-être pu y penser sérieusement afin qu’on ne nous fasse pas croire que c’était une vraie surprise ? Le campus surprotégé dans lequel le généticien se cache n’est pas très crédible, on se trouve à la limite de la science-fiction. Mais admettons ! Le dialogue entre Naomi et John et leurs jumeaux, lorsqu’ils se retrouvent dans le campus de Leo Dettore, n’est pas crédible non plus, à mon sens : le discours que les jumeaux tiennent ne ressemble pas à un discours d’êtres humains génétiquement « supérieurs » et détachés de toute émotion comme on imagine. Au contraire, il ressemble à ce qu’on peut entendre très souvent, le discours d’un humain tout à fait comme vous et moi, et totalement dans l’émotion, critiquant ce que « les humains » (dont il fait partie) ont fait de leur planète et de leur société : la guerre c’est mal, la violence, aussi, l’écologie c’est bien, l’homme est un loup pour l’homme… Un peu simpliste pour des “bébés” surdoués comme personne. Le soufflet retombe vraiment à ce moment-à je trouve. On est aussi frustré par l’absence de réponse à 1 000 questions. Le docteur Dettore ne répond jamais à tout ce que le lecteur (et le couple Klaesson ?) veut savoir : pourquoi et comment a-t-il simulé sa mort ? Pourquoi a-t-il créé des jumeaux tous identiques (semble-t-il) ou presque pour tous les couples venus le consulter ? Que compte-t-il faire de son armée de bébés sur mesure dans son campus ? Qui sont les 2 personnes qui sont allées chercher les jumeaux Klaesson chez eux ? Et une question que j’ai trouvée vraiment importante dans l’histoire : pourquoi les jumeaux ont-ils sauté dans les bras du couple venu les chercher alors qu’ils n’avaient montré aucune affection envers leurs parents (ils sont supposés être totalement dénués d’émotions “normales”) ? Ou bien : qu’ont-ils fait de si secret sur les ordinateurs chez leurs parents ? Comment ont-ils su qu’ils avaient été créés par le docteur Dettore ? Et comment ont-il fait pour le retrouver ? Ça fait pas mal de questions ! Au lecteur d’y répondre je suppose… Ceci ne gâche pourtant pas la lecture. La toute fin nous propose une réponse à nos questions du début : pourquoi pas, se demandait naïvement le lecteur, jouer avec la génétique d’un enfant si c’est pour qu’il ne soit pas atteint d’une maladie génétique mortelle ? Et bien parce que cela peut conduire à des abus, et que nos jumeaux à l’âge de 11 ans en font 85 et devraient rapidement mourir de vieillesse… Un fin triste mais logique.

Le final est surprenant, avec plusieurs surprises d’ailleurs !

À lire !

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