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Famille en transition écologique – Jérémie Pichon et Bénédicte Moret

Écrit par le 7/03/2019 et modifié le 26/02/2019 - Ecologie, Livres - 4 commentaires »

Dans Famille en transition écologique, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret s’interrogent sur le mode de vie d’une famille française et se demandent de quelles manières il pourrait être plus durable, plus écologique quant aux transport, logement, habillement, loisirs, alimentation, épargne…

 

Résumé

Dans Famille en transition écologique, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret s’interrogent sur le mode de vie d’une famille française et se demandent de quelles manières il pourrait être plus durable, plus écologique quant aux transport, logement, habillement, loisirs, alimentation, épargne…

Famille en transition écologique
Jérémie Pichon et Bénédicte Moret
Éditions Thierry Souccar
Paru le 7 mars 2019
208 pages
19€

Auteurs

Jérémie Pichon travaille pour des ONG environnementales, il est, depuis 2006, directeur de l’association Mountain Riders, qui a pour but de sensibiliser les jeunes au développement durable et il anime le blog famillezerodechet.com avec sa compagne Bénédicte Moret (blog hébergé par 1&1 et non par un hébergeur écolo, soit dit en passant…).

Notre avis

Je pensais trouver dans ce livre des idées concrètes pour passer au zéro déchet en famille. Mais non. Famille en transition écologique est très culpabilisant. Les multinationales aiment l’argent plus que l’écologie, les politiques sont statiques… C’est donc à nous, individus, uniquement d’agir. Et de nous présenter des chiffres, des statistiques, des tableaux afin de nous prouver à quel point tout va mal. Ce, tout au long du livre. Désagréable et contre-productif à mon sens.

Ainsi, dans le chapitre sur le coût écologique de notre argent, les auteurs nous suggèrent de placer notre argent dans des projets écologiques et solidaires et de changer de banque pour une banque écologique : ce n’est pas pour toutes les bourses, et il y a plus simple pour commencer, non ? Comme précisé dans le livre, 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France. Ils placent quoi ? Et tous les autres qui ont des fins de mois difficiles ? Dans le chapitre transports, il nous est conseillé de réduite au maximum l’avion. Là encore, tout le monde ne prend pas l’avion chaque semaine… On nous suggère de nous limiter à 1 vol long courrier tous les 3 ans, de faire les courses à vélo (avec les enfants, et ensuite les paquets à transporter ?). Quand au chapitre sur le logement, on nous enjoint de réduite notre consommation d’énergie avec le chauffage et les appareils électriques : on vit dans le froid et le noir en hiver par exemple ? Ou de rénover notre logement en matériaux écologiques. Et quand on est locataire et que le propriétaire ne veut déjà pas changer les ampoules des parties communes de l’immeuble ?

Il faut aussi, selon les auteurs : réduire son utilisation d’ordinateurs et Internet (et pour celles et ceux qui travaillent sur le web ?), réduire sa consommation de médicaments (on va laisser les médecins se charger de choisir les médicaments, ils ont fait des études pour ça… Ceci dit, 9 cachets et 4 sirops par éternuement, c’est too much, peut-être que l’auto-médication est à revoir ?), rendre l’école plus écologique (on fait comment à l’échelle des individus ?), sortir du FMI (on fait comment à l’échelle des individus à nouveau ?), créer une entreprise écologique

Tout au long du livre sont opposées la « famille zéro déchet » et la « famille standard ». La 1ère est géniale, un exemple à suivre, parfaite. Tellement qu’on a envie de lui claquer le beignet, même si on est écolo nous-même… Cette opposition entre famille parfaite et famille standard (sous-entendu, nous, lecteurs du livre) est exaspérante. Il n’y a, en outre, pas de demi-mesure : il y a la famille zéro déchet et la famille qui prend son 4×4 diesel 6 fois par jour, notamment pour aller acheter des repas industriels tout prêts en bas de sa rue avec la clim à fond et en laissant la télé et les robinets tous allumés et ouverts à la maison. En outre, la “famille zéro déchet” a beaucoup d’argent, car elle peut financer toutes les initiatives locales bonnes pour l’environnement… Oui, c’est écrit dans le livre, il faut financer toutes les initiatives locales que l’on rencontre.

Mon paragraphe préféré, en fin du livre, nous affirme que tel geste écolo ne suffit pas si on fait aussi tel geste non écolo !!!! Par exemple : fermer le robinet si on mange un hamburger au bœuf « ça ne sert pas à grand chose » !!!! Bon, comme j’adore les hamburgers, je vais de ce pas aller ouvrir tous les robinets de la maison… Pour être cohérente.

Les illustrations de Bénédicte Moret sont jolies mais le contenu des bulles est simpliste, avec quelques stéréotypes misogynes. Par exemple, la femme qui se justifie auprès de son compagnon car elle a acheté une paire de chaussures, mais, ouf !, des chaussures éco-conçues. Vous aussi vous aimez ?

Bref, je n’ai pas du tout apprécié cet ouvrage !

Préférez plutôt :
Zéro gaspi au jardin c’est très simple de Guylaine Gouflier (Solar), pour jardiner de manière écologique et économique ;
Zéro déchet dans ma cuisine ! de Géraldine Olivo et Delphine Paslin (Alternatives), pour des recettes et DIY avec les “déchets” de la cuisine ;
Hubert Reeves nous explique la biodiversité (Le Lombard), pour expliquer aux enfants l’importance d’un mode de vie écologique ;
Le guide illustré de l’écologie (Delachaux et Niestlé), pour apprendre et réfléchir sur l’écologie ;
Les épluchures de Marie Cochard (Eyrolles), pour des DIY et idées sympa avec les épluchures et réduire nos déchets.

Et la rubrique Écologie de So What ?.

Quelque chose à ajouter ?

  1. Marie-Aube - 10 avril 2019 à 9 h 41 min

    Bonjour Sandrine,

    Peut-être que le souhait de Jérémy Pichon n’était pas de faire culpabiliser les lecteurs, mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti en lisant ce livre.

    Je ne culpabilise pas, je décris ce que le livre m’a donné comme impression. J’ai préféré d’autres livres sur l’écologie à celui-ci…

    Je suis bien d’accord avec vous, il faut plutôt voir notre “transition” écologique, ou, en tous cas, nos modifications de comportements dans le sens d’une vie plus écologique, comme positifs, agréables, l’occasion de trouver de nouvelles idées, de nouveaux bonheurs, de nouveaux enrichissements. Ce que je fais dans mon quotidien, d’ailleurs ! Avec les DIY que je partage sur So What ?, par exemple, les livres sur l’écologie que je lis, le thème de l’écologie que j’essaie de développer et partager sur So What ?…

  2. sandrine - 7 avril 2019 à 19 h 22 min

    bonjour Marie Aube
    je vous conseille l’écoute de d’émission de France Inter CO2 mon amour du samedi 6 avril voici le lien: https://www.franceinter.fr/emissions/co2-mon-amour/co2-mon-amour-06-avril-2019 dans laquelle Jérémy Pichon intervient au début, il est enthousiaste et motivant, rien de culpabilisant!
    son livre est son point de vue et son mode de transition, c’est dommage que votre post soit finalement cynique.
    Je ne partage pas tous les points de vue de Jérémy toutefois sa réflexion amène à réfléchir à tous nos modes de consommation, aussi on peut adhérer et adopter ce qui nous convient actuellement et ainsi se mettre en transition.Parce quel’objectif ce n’est de se mettre en transition mais de réussi notre transition, aussi commençons la!!
    je vous dirais de ne pas voir ces propositions comme un discours culpabilisant mais plutôt comme un ensemble d’outils dont certains peuvent être adoptés d’autres non… en fonction de son environnement etc…
    c’est vous qui choisissez de culpabiliser… Jérémy Pichon ne fait que présenter son mode de vie…
    Nous avons tou.te.s des incohérences inutile de culpabiliser, voyons tout ce que nous pouvons mettre en oeuvre, maintenant, réfléchissons à ce qui constitue nos incohérence et avançons en essayant de les dépasser!
    bonne transition! sans culpabiliser 😉 c’est de l’énergie perdue!

  3. Marie-Aube - 12 mars 2019 à 13 h 19 min

    Bonjour Justine,

    Votre commentaire sympathique et plein de bon sens fait avancer le débat !

    8,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France en 2016, selon l’Insee. 1,83 million de personnes bénéficiaient du RSA en 2018. 7 millions de personnes en France (soit 4,2 millions de foyers) bénéficiaient d’aides sociales en 2018. On parle des SDF ? Pensez-vous que ces personnes ont des petites économies ? Non, tout le monde n’a pas une petite économie…

    Tout le monde ne prend pas l’avion non plus. (Voir ci-dessus).

    Ah “tout le monde a une colonne vertébrale”… Je ne sais même pas quoi répondre à un tel argument… Quand on vit dans un petit village dont les commerces ont tous disparu un à un, qu’il ne reste que les AMAP, les cueillettes ou les hypermarchés à plusieurs kilomètres ou les commerçants des villes voisines, on y va à pied ? Réaliste…

    Concernant les médicaments, j’ai justement écrit dans l’article qu’il ne fallait pas abuser de l’automédication était peut-être à revoir…

    Quant au second degré de mes textes, visiblement, vous ne l’entendez pas.

    Dommage, on aurait pu parler d’écologie, d’économie… Mais merci pour votre visite !

  4. Justine - 12 mars 2019 à 12 h 07 min

    Je suis tombé par hasard sur votre blog pour avoir un avis sur ce livre. Clairement le coté culpabilisant du livre ne donne pas vraiment envie même si ça m’étonne car d’habitude la famille zéro déchet prône le contraire. De même, quand on voit votre mauvaise foi et vos exagérations dont un paquet de conneries, ça ne donne pas non plus envie de lire le reste de votre blog… Ex : tout le monde a une petite économie et peux utiliser une bonne banque, l’avion beaucoup de personnes le prend plusieurs fois par an donc ce n’est pas une mauvaise chose d’être sensibilisé, tout individu avec une colonne vertébrale peut porter ses courses ou les tirer, les médicaments bcp en prennent pour un oui ou un non. Et la classique au top de la débilité, félicitation vous l’avez faite : “réduire notre consommation d’énergie avec le chauffage et les appareils électriques : on vit dans le froid et le noir en hiver par exemple ?” Sur ce bien à vous en vous souhaitant d’évoluer positivement.

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