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Jours tranquilles d’un prof de banlieue – Martin Quenehen

Écrit par le 7/11/2011 et modifié le 21/01/2015 - Livres - 0 commentaire

 
Jours tranquilles d’un prof de banlieue – Martin Quenehen

Voici le « roman vrai » (ou, si l’on préfère, le récit romancé) des tribulations d’un prof drolatique dans un lycée polyvalent de la banlieue parisienne. Ici, pas de lamentation ni de consternation devant le désastre de l’Éducation nationale. Et pas davantage de considération sur la « barbarie » triomphante qui sévit dans les établissements scolaires. Il s’agit plutôt d’un constat – froid, implacable, rigolo, sans appel – face au nihilisme qui règne désormais dans les lieux où des aînés sont supposés « former » l’esprit de leurs rejetons dissipés. Texte souvent hilarant, mêlant plusieurs langues (des sentences latines à Boris Vian ou Queneau), ces Jours tranquilles d’un prof de banlieue racontent la dernière semaine de cours d’un professeur sans illusion. On le suit du « Fumistan » – où chacun va griller sa clope – à la salle des profs « qui sent le pâté ». On écoute des élèves s’interroger sur les juifs, le Fanta, le string, l’amour, la télé. Cela aurait pu s’appeler « Jours tranquilles en grande banlieue »… On pense au livre-film de Bégaudeau – mais sur son versant désopilant. De plus, ce livre ne propose ni réforme ni morale. Pour l’auteur – qui philosophe dans sa cour de récréation – c’est déjà « trop tard ». Jusqu’à quand ?

Jours tranquilles d’un prof de banlieue
Martin Quenehen
Éditions : Grasset
208 pages
15 €
(récit/roman)


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Né en 1978, Martin Quenehen a grandi en Normandie avant de « monter à Paris » pour y faire ses humanités. Professeur d’histoire-géographie pendant sept ans dans un lycée polyvalent de la banlieue parisienne, il est aujourd’hui producteur à France Culture. Dans le récit de ses « tribulations », les lieux et les noms ont été transformés.

 
Voici un livre qui traite d’un sujet sensible, mais qui le fait sans dramatiser et avec un humour appréciable. C’est follement drôle, surtout que l’auteur manie très bien l’ironie et l’humour grinçant. Il appelle un chat un chat et pointe le doigt là où ça grince – dans les lycées dits ZEP ou ZUP et dans l’Éducation nationale dans son ensemble – sans se départir d’une légère distance, comme s’il voyait tout cela à travers un prisme qui l’empêche de péter un plomb (car il s’agit un peu de ça quand même). On aime parce qu’on ne cesse de rire du début à la fin.

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