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Le dos crawlé d’Eric Fottorino

Écrit par le 17/10/2011 et modifié le 2/12/2011 - Cultivée, Livres - 0 commentaire

Le dos crawlé

d’Eric Fottorino

 

Eté 1976, sur la côte atlantique, deux enfants : Lisa 10 ans et Marin 13 ans rêvent de voyage et d’évasion. Ils s’éveillent au monde, à la gourmandise et à la sexualité.

Eric Fottorino tisse une grande toile où les liens entre les individus se rejoignent et partagent des moments de convivialités.

La vie défile au cours de ces 205 pages, on y croise la vieillesse, la trahison, le bonheur, l’amitié, la mort, l’amour…tout ce qui fait qu’une vie vaut le coup d’être vécu dans son entièreté.

Marin le jeune narrateur en vacances d’été chez son oncle Abel rencontre Lisa, une jeune fille qui partagera ses instants de jeux, mais aussi ses secrets, jusqu’à la naissance progressive de sentiments :« Il faudra que je demande au docteur Malik d’où vient cette maladie et si c’est possible d’en guérir et si c’est normale d’avoir des vagues dans le ventre même à marée basse.»

Un roman d’apprentissage situé à  une période charnière, la pré-adolescence : l’éclosion et l’ambiguité des sentiments, questionnements sur ses ressentiments, est-ce de l’amour ou de l’amitié.

L’auteur joue avec les mots en se mettant dans la peau du tout jeune Marin: «Oncle Abel il râle quand je dis moi d’abord mais j’oublie toujours de corriger et puis je me mets devant pour protéger Lisa.». Cette écriture instinctive rend ce roman d’autant plus touchant et émouvant, la poésie y est présente et même les passages les plus graves sont amenés avec délicatesse et naïveté. On ne peut décrocher de ce roman tant il nous fait du bien, tel un placebo, Eric Fottorino a le don de vous consoler en quelques lignes et de vous décrocher un sourire entre deux pages.

Ce livre est à replacer dans son contexte sociale, les années 70 et c’est un brin nostalgique que l’auteur se remémore les vendeurs de chichi sur la plage, les orages en plein été, les idylles de vacances, la lecture des «fantomettes», les premiers divorces…

Sous couvert d’une leçon de natation, c’est bien plus que le dos crawlé que l’on maîtrise à l’arrivée, c’est l’attachement au moindre bonheur que la vie peut semer sur notre chemin

P.S : Le + de la douceur, revoir le monde avec les yeux d’un enfants de 13 ans.

Le – on regrette une fin un peu trop vite expédié.

En librairie depuis le 18 août 2011.                                                                                                                       Soisic Adragna.

Publié aux éditions Gallimard.

Collection blanche.

16,90 euros.

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