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Le final de The Vampire Diaries est tellement mauvais que ça m’énerve

Écrit par le 22/06/2017 et modifié le 9/06/2017 - Séries télé - 0 commentaire

Je dois peut-être commencer par vous avouer que je ne suis pas une fan de la série The Vampire Diaries. Je me suis laissée prendre au jeu en cours de série (après les années lycées des héros, qui ne m’inspiraient pas du tout – rapport à mes 30 ans passés j’imagine) attirée par ce monde extraordinaire (au sens propre) peuplé de beaux gosses créatures dangereuses. Et ensuite j’ai voulu connaître la fin de la série…

 

© CW

 

8 ans de The Vampire Diaries

S’il existe des fins de séries WTF*, celle de The Vampire Diaries en fait définitivement partie. Après avoir pris la peine de binge watcher les 16 épisodes de la saison 8 on a une fin frustrante dans laquelle tous les personnages sont morts vieux (plus tard et après une longue et heureuse vie tout de même) et ont retrouvé leurs proches qui étaient décédés avant eux, genre au Paradis ou un truc comme ça. WTF* ? Donc je suis énervée.

La série nous a habitués, outre à voir des beaux gosses vampires qui donnaient presque envie de se faire mordre (mais si tu as lu Dracula de Bram Stoker, tu as déjà eu envie de te faire mordre auparavant alors ça ne t’a pas émue plus que ça), habitués à ce que la mort de ses personnages ne soit pas nécessairement définitive. Et aussi à tourner autour des histoires d’amour de ses héros. OK, il y a des doubles maléfiques, des incantations, des vampires Originels, des mondes-prisons, des jumeaux Gemini, des hérétiques, des sirènes… Mais il y a surtout les histoires de cœur des personnages principaux, qui se sont d’ailleurs pas mal mélangés entre eux au cours des 8 saisons que dure la série (mais c’est un autre sujet). Bref, The Vampire Diaries nous vend des histoires d’amours impossibles, contrariés, pour toujours. Et la fin de la série n’en conclut aucune de façon acceptable. WTF* ?

La saison 8 ne démérite pas. On a eu des méchants très puissants à combattre, des relations compliquées entre les personnages, et même des enfants. Le saut dans le temps de 3 ans était une bonne idée (saison 7) et les personnages retrouvent Mystic Falls et un nouveau combat à mener. Petite parenthèse féministe : les 2 sirènes super méchantes, puissantes, c’est génial. Mais le fait qu’elles soient asservies à un méchant encore plus puissant et masculin, ça l’est moins. Fermons la parenthèse féministe.

Intéressons-nous donc une minute au big bad (le grand méchant) de la dernière saison : le Diable, himself. Certes il faut une saison entière pour tuer Cade (c’est son petit nom, au Diable), mais il finit tristement par un « Go to Hell » (« Va en Enfer ») envoyé à son meurtrier… Sérieusement, le Diable qui te dit « Va en Enfer » ? Bref. Mais il se trouve que le big bad n’était pas LE big bad, il y a pire… C’est là que le series final commence à déconner sérieusement…

Et un series final WTF*

Pour rappel, les fans (et les curieuses, dont je suis, donc) attendaient avec impatience (voire fébrilité) le retour de l’une des héroïnes de la série, Elena Gilbert, interprétée par l’actrice Nina Dobrev. Nina Dobrev qui avait, on le savait depuis quelques semaines avant la diffusion américaine du final de la série, accepté de revenir pour ce fameux tout dernier épisode. Et on a bien compris que les scénaristes ne savaient pas trop quoi en faire, de Nina Dobrev. Ni, d’ailleurs, de tous les acteurs des saisons précédentes revenus pour l’occasion.

Nina Dobrev revient donc, d’abord en tant que Katherine Pierce, le double maléfique d’Elena. Et c’est elle la super big bad qui a volé sa place à Cade (le Diable) pour devenir la maîtresse de l’Enfer et revenir (encore) se venger de nos héros, ceci des années après sa dernière tentative de s’incruster dans le monde merveilleux des habitants de Mystic Falls. Normal. Katherine Pierce a été tellementpar lesnue se venger des frères Salvatore et consort qu’on ne le compte plus. Et que ça ne nous amuse plus.

Faisons un petit crochet par le personnage d’Enzo. Un ancien gentil devenu méchant puis redevenu gentil (un certain nombre de fois en fait) qui enfin devient un-ex-méchant-gentil amoureux de la jolie sorcière-sans-pouvoirs Bonnie Bennett. Les scènes entre les amoureux devenaient ultra ennuyeuses et cul-cul la praline, au passage dans cette saison 8. Mais était-ce une raison suffisante pour tuer Enzo ? Enfin, le presque-tuer. Je crois. Parce que c’eut été trop-triste de laisser notre Bonnie Bonnie seule au monde, les scénaristes ont décidé qu’Enzo serait dans un monde parallèle depuis lequel il pourrait communiquer à l’envie avec sa belle. WTF ?! Et le téléspectateur de s’y perdre un peu. Il est mort ou pas ? Il va revenir ou pas ? Il est où en fait Enzo ? Bref, le temps de se poser toutes ces questions (demeurées sans réponse) on perd un peu le fil…

Le monde est ensuite, dans le dernier épisode, sauvé. Le Diable, l’Enfer et Katherine Pierce, tués, grâce à Bonnie. Et Elena est délivrée du sort qui la maintenait endormie tant que Bonnie serait en vie. Bon, le sort en question nous a occupés pendant 2 ans (en temps de téléspectateurs) mais Bonnie a réussi à l’annuler, comme ça, sans rien nous dire… Frustrant, non ?

La fin du sort liant Elena à Bonnie a donné lieu à de très décevantes retrouvailles entre Elena et Damon. Quand on pense que les fans ont attendu pendant 2 ans pour un petit saut dans les bras et un petit smack tout nuls. Ça ne valait pas toute cette attente et ce suspens… On aurait voulu des retrouvailles grandioses, émouvantes, qui nous fassent pleurer et rire à la fois ! Enfin, où est passé le respect des téléspectateurs ?!

Passons à Stefan Salvatore, qui, au dernier moment, décide de se sacrifier afin de sauver le monde, son ex (Elena), son frère, et Mystic Falls. Il faut dire que l’ex vampire était devenu suicidaire ces derniers temps. Il ne pensait qu’à mourir afin d’expier ses (très, très) nombreux pêchers de vampire. Je crois que les scénaristes ont voulu insuffler un peu de morale dans la série, et nous montrer des vampires contrits qui sont donc, en vrai, des gentils. Trop tard. Si on avait voulu regarder une série dégoulinante de morale on se serait refait l’intégrale de Sept à la maison (243 épisodes de 42 minutes chacun soit 10 206 minutes de pseudo morale puritaine ultra américaine – mais je m’égare). Ce sont des vampires, par définition tueurs d’êtres humains. Mais qui avaient réussi à séduire des humaines (leurs copines, et les fans). On pouvait faire avec. Apparemment, pas Stefan. Il venait tout de même de se marier et accessoirement de redevenir humain. C’est glauque comme fin d’histoire d’amour, le jeune marié qui se suicide en guise de nuit de noces.

Enfin, tous les personnages importants des saisons précédentes (ou presque) qui ont été tués reviennent, en fantôme. Même Enzo. Admettons. Une façon de dire “au revoir” aux personnages qu’ils ont aimé pour les fans. Et on revoit même toute la petite famille Gilbert, parce que, après une longue vie bien remplie, la revoilà morte (mais avec le visage – et le corps – de ses 20 ans), dans une sorte de Paradis qui ressemble étrangement à la maison de son enfance, et heureuse de retrouver les siens (morts aussi, et depuis longtemps, donc). WTF* ? Pourquoi prendre la peine de tuer Enzo ou Stefan si tous les personnages meurent à la fin – et sont heureux d’être morts apparemment ? Dans ce cas, s’il fallait tuer tout le monde, pourquoi ne pas la jouer à la Buffy contre les vampires en faisant exploser la ville et tout ce qui s’y trouvait ? Plus radical et plus fun. Les retrouvailles avec les anciens personnages ne durent que quelques secondes par personnage. Ça aurait pu être joli. Mais non. Leur fantôme passe vite fait, on ne sait pas trop pourquoi en fait… On nous raconte aussi rapidement (parce que c’est la fin, hein) qu’Elena a pu suivre ses études de médecine (nous qui n’en pouvions plus de nous demander si elle allait enfin retourner sur les bancs de la fac pendant tous ces épisodes remplis de suspens) et que, donc, tout le monde est mort après sa longue vie (humaine) et a trouvé la paix dans ce fameux pseudo Paradis. Le temps de comprendre pourquoi ils ont fait ça avec la série, tu as le générique de fin.

En parlant de retour, une phrase – la plus inutile je crois de l’épisode final – sortie de la bouche de Katherine Pierce nous ramène 7 ans en arrière (en temps de téléspectateur) : Katherine et Damon échangent des amabilités quand celle-ci siffle à l’oreille de Damon qu’Elena choisirait Stefan plutôt que lui (si elle n’était pas endormie pas un sort, donc…). Le retour du come-back du triangle amoureux. Pertinent.

Voici donc un final dans lequel toutes les conclusions des histoires sont bâclées. On tue le Diable, mais en fait la méchante c’était Katherine qui voulait se venger (et on se demande encore pourquoi après tout ce temps). Stefan est un humain, il se marie avec la femme qu’il aime, mais il culpabilise tellement pour tout ce qu’il a fait lorsqu’il était vampire qu’il se suicide pour sauver le monde. Bonnie, après avoir sauvé le monde, est heureuse et va voyager (elle a des prospectus et son passeport) et continue à ressentir et entendre le fantôme d’Enzo. Elle a même délivré Elena de son sort, vite fait, avant d’aller parcourir le monde (elle aurait peut-être pu le faire avant, si c’était si simple). Caroline s’occupe bien de ses enfants et va même faire un passage par la série The Originals (info subtilement insérée dans le series final). On a bien compris qu’ils avaient besoin de Caroline dans le spin-off et qu’il fallait la libérer de toute attache dans The Vampire Diaries. Et ça doit être pour cette même raison que le loup-garou et ex de la vampire a été tué plus tôt dans la saison 8… Elena a fait des études de médecine (génial !) et est avec Damon (redevenu humain). Et meurt toute contente de retrouver sa famille dans la maison de son enfance au pseudo-Paradis. Inintéressant. Rapide. Glauque. Frustrant. Mauvais.

C’est pourquoi je suis énervée.
 

 

 

 
* WTF : acronyme de « what the fuck », expression anglophone particulièrement classe et distinguée que l’on pourrait traduire par la non moins classe et distinguée expression française « C’est quoi ce putain de bordel ? » (traduction de la Rédaction).

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