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Les aventures alsaciennes de Sherlock Holmes – Christine Muller

Écrit par le 8/03/2012 et modifié le 8/03/2012 - Cultivée, Livres - 1 commentaire »

Le docteur Watson, fatigué de voir son collègue et ami se déliter sous l’air londonien décide de l’emmener en voyage de plaisance. Venez donc découvrir l’Alsace à leurs côtés : délicieuse contrée à l’air pur où l’architecture est enchanteresse, la gastronomie reine… et où les criminels ne sont pas en reste !

Editions du Verger
12 euros

Rencontre avec l’auteur

Le petit salon de thé de Strasbourg s’est-il remis de la rencontre entre deux aficionados enthousiastes de Sherlock Holmes ? Rien n’est moins sûr. Christine Muller, nouvelliste et romancière alsacienne, est à l’image de ses livres, pleine d’humour et de malice. Difficile de résister à son franc-parler et à la passion qui l’habite, quel que soit le sujet abordé.

Et Sherlock Holmes ne fait pas exception à la règle. Si sa rencontre avec le personnage remonte à son adolescence, c’est en découvrant l’interprétation de Jérémy Brett qu’elle eut le véritable coup de foudre. La voilà alors lancée dans l’écriture d’une biographie de l’acteur en français. Malheureusement, le projet se trouva annulé pour des raisons financières.

Il n’est pas difficile d’imaginer son dépit face à tout ce travail abattu pour rien. Pour rien ? Pas tout à fait, puisque c’est ce qui l’amena à écrire ce recueil de pastiches où elle s’en donne à cœur joie pour retranscrire l’atmosphère si particulière des romans de Conan Doyle. Après tant de temps passé à s’imprégner de Sherlock Holmes, l’affaire fut pliée en six semaines.

Son secret pour écrire des pastiches aussi frais ? Y prendre du plaisir. Et lorsqu’on lit ses dialogues savoureux, on la croit sans peine.

Lorsque Arthur Conan Doyle a déclaré, excédé par le succès excessif de son personnage, “mariez-le, assassinez-le, faîtes de lui ce que vous voudrez”, il ne s’attendait probablement pas à être tant pris au mot. Car le pauvre détective se trouva contraint par la plume d’auteurs plus ou moins complaisants à subir à peu près tout et son contraire. Et la qualité fut loin d’être toujours au rendez-vous.

Aussi réjouissez-vous, amateur du dandy cocaïnomane, vous qui pleurez sur de trop nombreux pastiches en laissant échapper un “mais ce n’est pas ça du tout” désespéré, vous qui levez un sourcil perplexe voire moqueur devant de piètres tentatives de ressusciter le détective. Oui réjouissez-vous car Zor… Christine Muller est arrivée.

Sous sa plume alerte et goguenarde, Sherlock Holmes et ce cher Watson reviennent plus vrais que natures. Qu’il s’agisse du style narratif ou de la complexité du logicien, on s’imaginerait presque lire du Conan Doyle. L’auteur joue sur les codes et s’amuse avec les personnages avec une telle aisance qu’on pourrait les croire siens. La relation Holmes/Watson elle-même, sur laquelle il est pourtant facile de se casser les dents, est retranscrite dans toute son ambiguïté (et que ceux qui s’en offusquent retournent lire les récits de Conan Doyle avec un peu plus d’attention).

A dévorer sans modération.

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