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Les Chroniques d’une Maman Kangourou (Chapitre III)

Écrit par le 8/06/2012 et modifié le 19/07/2012 - Famille - 0 commentaire

Chapitre III

L’annonce

Je me retrouvais dans mes toilettes à attendre la réponse… Très glamour cette position pour l’attente de la révélation… « Oui mon enfant, j’ai appris que j’étais enceinte…assise sur le trône… » Bref, j’avais tellement fait de tests jusqu’à maintenant que j’avais pris l’habitude de ne pas voir le deuxième trait apparaître. D’ailleurs la case restait toujours blanche…une minute…deux minutes…je n’étais pas enceinte…avant de jeter le test j’ai regardé une dernière fois. Et là, incroyable ! un trait bleu commençait à apparaître dans la case ! Il n’était pas très net mais il n’y avait aucun doute, il y avait bien un trait. Je n’avais donc pas la gastro, j’étais bien enceinte.

Mon Roudoudou étant déjà parti travailler et moi en vacances, je voulais lui faire une belle annonce et devais attendre la fin de la journée. Il me restait alors quelques heures pour trouver la bonne façon de lui dire que nous attendions un enfant !

Je n’arrêtais pas d’aller re-vérifier le test, toutes les 30 minute, pour être bien sûre de ne pas m’être trompée et à chaque fois que je voyais ce trait, je ne pouvais m’empêcher de sourire. Nous allions avoir un enfant ! Ce jour là, je ne pense pas avoir un seul moment douté ou eu peur, j’étais juste heureuse.

Roudoudou m’appela dans la journée et je fis comme si de rien était. Il me rappela son dîner avec un de ses amis… Evidemment, j’avais oublié ! « Non, non, je n’ai pas oublié… Amuse toi bien, mais ne rentre pas trop tard, tu me manques… ». La poisse ! je devais attendre encore plus longtemps pour lui annoncer !

Comme c’était frustrant de connaître cette nouvelle et de ne pouvoir la partager ! Bien sûr, je souhaitais le dire à Roudoudou avant tout le monde ! J’aurai pu aller lui faire une surprise au boulot ? Mais il n’aurait jamais pu continuer à travailler après ça… J’aurai pu lui dire au téléphone ? Mais cela perdait tout le charme de l’annonce. Je devais donc attendre…

J’ai décidé de trouver un petit cadeau pour lui faire comprendre que j’étais enceinte et lui offrir à son arrivée à la maison. J’ai alors écumé toutes les boutiques de puériculture pour trouver LE cadeau. Je voulais quelque chose pour le bébé de joli, pas trop kitsch et unisexe. Pas facile…
Dans une énième boutique, je réussis à trouver des petits chaussons pour bébé avec des étoiles (j’ai un petit penchant presque maniaque pour les étoiles)… C’était parfait !
« C’est pour offrir ? Oui merci ! »
J’avais glissé le test de grossesse dans le sac, au cas où il ne comprenne pas le message…

J’ai alors attendu longtemps…longtemps, son dîner m’a parut une éternité.
Enfin, aux alentours de minuit, il rentra à la maison. J’ai alors joué la routine, attendu qu’il enlève son manteau, ses chaussures, qu’il se mette à l’aise… « Alors ce dîner ? Comment va Thierry ? Et sa femme ? Et sa fille ? Blablabla… Ah, et sinon j’ai un petit cadeau pour toi ! »

J’ai alors vu son air un peu circonspect devant le paquet, en plus, avec les quelques verres dus à son dîner, il n’était pas tout à fait net. Cela risquait d’être drôle.
Il commença à ouvrir le sac et avant de voir les chaussons il vit le test. Mais au lieu de donner un sens à mon message, comme je l’imaginais, il resta avec le test dans la main sans comprendre – j’ai appris plus tard par Roudoudou qu’il ne savait pas ce que c’était et qu’il se demandait pourquoi je lui offrais un thermomètre… Pour sa défense, c’est vrai les hommes n’utilisent pas souvent de test de grossesse, ce n’est pas un objet très commun pour eux -. Bref, je lui dis de mieux regarder dans le sac et il vit alors les chaussons. Je ne suis pas sûre que le message fût plus clair pour lui. « Tu ne comprends pas ? Je suis enceinte ! ».

Je mets sur le dos de l’émotion et de l’alcool sa non-réaction à ce moment précis. Mais après quelques secondes d’abasourdissement, j’ai vu dans son regard qu’il était heureux et comme l’avait été mon sentiment toute la journée, il n’avait pas peur, il était serein.

Notre aventure pouvait commencer.

Alice Malet

Illustration Estelle Valls de Gomis

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