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Les frères Sisters, Patrick deWitt

Écrit par le 16/01/2013 et modifié le 23/05/2013 - Livres - 1 commentaire »

Oregon, 1851. Eli et Charlie Sisters, redoutable tandem de tueurs professionnels aux tempéraments radicalement opposés mais d’égale (et sinistre) réputation, chevauchent vers Sacramento, Californie, dans le but de mettre fin, sur ordre du “Commodore”, leur employeur, aux jours d’un chercheur d’or du nom de Hermann Kermit Warm. Tandis que Charlie galope sans états d’âme – mais non sans eau-de-vie – vers le crime, Eli ne cesse de s’interroger sur les inconvénients de la fraternité et sur la pertinence de la funeste activité à laquelle lui et Charlie s’adonnent au fil de rencontres aussi insolites que belliqueuses avec toutes sortes d’individus patibulaires et de visionnaires qui hantent l’Amérique de la Ruée vers l’or.

Actes Sud, 22,80 euros


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Né en 1975 au Canada, Patrick deWitt vit désormais dans l’état de Washington. Son premier roman, Ablutions, a été publié en 2009.

Certains livres, on a beau les avoir adorés, on se retrouve incapable de l’exprimer sur une page blanche quand vient le moment d’en faire la critique. Ce roman, c’est exactement ça. Entre lui et moi, il n’y avait pas de véritable raison pour que ça marche. Les cow-boys taciturnes qui mâchent placidement du tabac en se lançant des regards pénétrés entre deux coups de feu m’ont toujours laissée dubitative.
Pourtant, dans ce livre, tout m’a attiré, de la couverture colorée au pitch, récit d’un voyage initiatique au but insolite. Vu mon passif avec les westerns, cette lecture aurait dû être une terrible déception.

Au début, la narration minimaliste a de quoi surprendre. Et puis on finit par l’assimiler à la voix d’Eli, tueur professionnel un peu enrobé qui vit dans l’ombre de son frère, tiraillé entre l’habitude et sa conscience. Derrière la réputation de tueur se cache un homme sensible et en recherche de soi. C’est à travers son regard que l’ouest américain va nous être dévoilé, par le biais de rencontres incongrues et de personnages atypiques.
C’est envoûté qu’on termine ce voyage initiatique auquel on finit par prendre part bien malgré soi, porté par l’humour noir irrésistible de l’auteur et ce vent de folie qui souffle sur nos héros. Un roman que j’ai abandonné à regret, mais qui en un sens ne cesse de me hanter. Nombre de livres traitent de la recherche de soi, et les relations familiales, mais la narration épurée de celui-ci évite les circonvolutions philosophiques pour plonger dans l’essentiel. C’est simple, et profondément touchant.

Philomène Jonville

Quelque chose à ajouter ?

  1. Marie-Aube - 16 janvier 2013 à 20 h 51 min

    Ça semble sympa, pas l’habitude de voir et lire de genre de romans…

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