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Madame Einstein – Marie Benedict

Écrit par le 12/07/2019 et modifié le 12/07/2019 - Livres - 0 commentaire

Mileva Marić entame des études de physique à l’institut polytechnique de Zurich en automne 1886. Elle y rencontre Albert Einstein. Il la courtise, ils s’aiment, elle deviendra Mileva Marić Einstein. Mais Albert Einstein s’aime lui-même plus qu’il n’aime Mileva…

 
madame einstein

Résumé

Physicienne et mathématicienne de génie, serbo-croate, boiteuse à cause d’un problème de hanches, Mileva Marić a souffert de ses différences toute son enfance. Elle entame des études de physique à l’institut polytechnique de Zurich en automne 1886. Elle est la 5ème femme à y être admise. Son père l’a toujours poussée à poursuivre des études et à cultiver son intelligence. Mileva Marić rencontre à l’institut polytechnique Albert Einstein. Il la courtise, ils s’aiment. Elle deviendra Mileva Marić Einstein, mais Albert Einstein s’aime lui-même plus qu’il n’aime Mileva…

Madame Einstein
Marie Benedict
Éditions 10/18
Paru le 21 février 2019
384 pages
8,10€

Auteure

Marie Benedict est une avocate et auteure américaine, diplômée en histoire. Elle a signé plusieurs romans sous pseudonyme avant de publier Madame Einstein sous son vrai nom.

Notre avis

Madame Einstein est bouleversant, magnifique. L’auteure, Marie Benedict, nous fait entrer dans la vie, l’intimité de Mileva Marić qui fut la 1ère épouse d’Albert Einstein et une brillante physicienne et mathématicienne en mêlant biographie et roman.

Le récit est romantique (au sens littéraire) d’abord : on suit la vie d’étudiantes à Zurich à la fin du XIXème siècle, des étudiantes féministes, dirait-on aujourd’hui, dont fait partie Mileva Marić avec ses colocataires étudiantes. Elles affrontent le sexisme des salles de classes et du monde universitaire en général. Le lecteur s’immisce dans les relations amicales nouées entre les jeunes femmes, découvre avec elles leur nouvelle vie zurichoise, leurs 1ers émois amoureux. Les passages dans lesquels Albert Einstein fait la cour à Mileva sont romantiques (dans le sens sentimental) et très jolis. Elle le repousse, ne peut s’empêcher de penser à lui, puis ils finissent par se mettre ensemble. Mileva et Albert sont tous les 2 « bohèmes » et scientifiques très doués. Il lui promet que leur amour ne sera pas un frein à ses aspirations scientifiques…

Puis le récit devient dramatique : Mileva se soumet, Albert devient (ou s’avère être) un horrible pervers narcissique comme on dirait aujourd’hui aussi. Elle s’efface, il l’efface, mais n’oublie pas d’utiliser ses compétences mathématiques à elles. Il ne crédite pas sa femme dans ses écrits publiés pour le travail qu’elle a fourni avec lui (notamment les fameux textes de 1905 sur la relativité)… Et puis il y a leur 1ère fille, leur mariage qui se fait attendre, Mileva qui l’attend lui, beaucoup. Ne se concentre plus sur ses études, échoue et pousse Albert vers l’avant. Il devient adultère, violent, humiliant. Elle se soumet encore. Et enfin elle le quitte. Mais ne reprendra jamais la place qu’elle devrait avoir dans le monde scientifique.

La vie de Mileva Marić est, en fait, très triste – du point de vue d’une femme d’aujourd’hui sans aucune doute. Elle a eu une enfance difficile parfois, était brillante. S’offrait à elle toute une vie de sciences, d’amitiés, de reconnaissance. Elle avait des failles – ses complexes, un manque de confiance en elle (compréhensible à son époque). Et Albert Einstein s’y est engouffré. Il l’a happée, brisée, éteinte. S’il doit y avoir une morale à l’histoire et à la vie de Mileva Marić à retenir pour chaque femme : n’oubliez pas de briller !

Le roman est documenté. Une partie de la correspondance fournie échangée entre Albert Einstein et Mileva Marić est conservée (les lettres d’Albert Einstein principalement). Marie Benedict y a ajouté quelques inexactitudes afin de mener le lecteur là où elle le voulait. Si la communauté scientifique se dispute depuis les années 80 – et encore aujourd’hui la question n’est pas tranchée – pour savoir quelle est la vraie place de Mileva Marić dans les célèbres théories publiées en 1905 par Albert Einstein dans la revue scientifique de physique Annalen der Physik, Marie Benedict nous propose une théorie.

L’utilisation de la 1ère personne du singulier place le lecteur tout près de Mileva Marić. L’écriture est agréable. On ne peut reposer le livre avant de l’avoir terminé. J’ai dévoré ce livre. C’est pour des livres comme celui-ci que j’adore tant la lecture. À lire absolument !

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