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Misericordia – Jack Wolf

Écrit par le 10/02/2015 et modifié le 1/09/2015 - Livres - 0 commentaire

 
Misericordia – Jack Wolf

Angleterre, XVIIème siècle. Tristan Hart, mélancolique et timide, partage son enfance et son adolescence entre son meilleur ami, l’exubérant et téméraire, Nathaniel, et sa passion dévorante pour l’anatomie, qu’il étudie d’abord seul dans le secret de son cabinet. Il a pour ambition de réussir à soulager la souffrance des hommes. Tristan se rend ensuite à Londres afin de poursuivre des études auprès d’un éminent médecin. Tristan a un secret, un vice qui le conduit, dans l’intimité, à ne trouver de plaisir qu’en infligeant la douleur. Il l’assouvit d’abord dans les bordels londoniens. Puis il rencontre Katherine, aussi belle que troublante.

Misericordia
Jack Wolf
Éditions 10/18
Paru le 20 novembre 2014
9,10€

 
Jack Wolf : né Georgina, auteur anglais transsexuel, femme devenue homme, il a 2 enfants, le 1er avec un homme, le 2ème avec une femme. Il a d’abord travaillé dans l’enseignement, avant de se consacrer à l’écriture. Misericordia est son 1er roman. Il vit avec sa famille dans les environs de Bristol.

 
Un roman gothique (le style littéraire) avec tous les ingrédients attendus : une famille dans les ordres (celle de Nathaniel), la belle (Katherine), la bête (Tristan), des créatures surnaturelles (dans les moments de folie de Tristan et les mythes locaux), les scènes de souffrance physique (de la vie sexuelle déviante de Tristan), le château (de la famille de Tristan), la nature (alentour).

Le style est littéraire, très agréable à lire.

On se plonge vraiment dans la vie de Tristan. On s’attache presque à lui par moments. Il est érudit et intelligent, et est d’abord terrifié par ses propres fantasmes (violents), puis les comprend, les assume, et les assouvit (d’abord avec une prostituée, puis avec sa belle Katherine, consentantes, et ayant les même fantasmes que lui).

J’ai dévoré la 1ère moitié du roman. On vit avec le héros narrateur son développement, la découverte de ses sombres penchants, son amitié dévorante avec Nathaniel, sa sensibilité, son acharnement au travail, notamment à Londres, l’assouvissement de ses fantasmes sanglants… Mais le héros est au moins aussi surpris et dégoutté que le lecteur par ses propres envies, on n’a donc pas de la violence pour de la violence, Tristan réfléchit, philosophe et tente de maîtriser, ou du moins comprendre, ses envies.

Ce qui m’a gênée ensuite, ce sont les moments, de plus en pus fréquents à partir de la 2ème moitié du roman, pendant lesquels Tristan sombre dans une certaine folie, et avec elle arrivent des créatures surnaturelles et autres délires. C’est quelque chose – le surnaturel – que j’apprécie moins en littérature.

Je vous conseille tout de même vivement ce roman – surtout si les gnomes et autres lutins ne vous offusquent pas plus que ça. Pour le style, l’ambiance, la philosophie, les décors, les personnages troublants.

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