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Sea Shepherd France alerte sur le massacre des dauphins en France

Écrit par le 15/03/2018 et modifié le 15/03/2018 - Animaux, Ecologie - 0 commentaire

6 000 dauphins ont été tués accidentellement par les chalutiers sur les côtes de Vendée et de Charente Maritime depuis janvier 2018. Sea Shepherd France (organisation de protection des océans) alerte sur le sort des dauphins le long des côtes françaises.

 

Les dauphins menacés sur les côtés françaises

Les dauphins communs (Delphinus delphis) seraient environ 200 000 en hiver sur le plateau continental (de la Manche Ouest au sud du Golfe de Gascogne). L’espèce est protégée en Europe par plusieurs textes (Convention de Berne, Convention de Bonn, liste rouge de l’IUCN, annexe II de la CITES*).

En 2017, 800 cadavres échoués de dauphins ont été retrouvés en 1 mois et demi sur la côte atlantique, et plus de 90% d’entre eux montraient des traces caractéristiques de capture dans des filets de pêche. Il s’agit de la principale cause de mortalité des dauphins en France, selon Sea Shepherd France. Si les dauphins ne sont pas directement visés par les chalutiers, qui pêchent principalement le bar, ils sont des dommages collatéraux de la pêche au filet. Attrapés dans les filets de pêche, les dauphins meurent noyés. Nombreux sont les pêcheurs qui se mobilisent depuis des années contre la pêche au chalut sur les zones de frayères du bar.

La survie de l’espèce est jugée critique en Méditerranée. Hélène Peltier de l’Observatoire Pélagis de La Rochelle (qui rassemble les programmes d’observation et d’expertise relatives à la conservation des populations de mammifères et oiseaux marins) précise que la situation est extrêmement préoccupante et nous tirons la sonnette d’alarme sur les perspectives de conservation du dauphin commun sur la façade atlantique, une espèce qui se reproduit lentement.
 

 
Alors que le Bob Barker, un navire de Sea Shepherd, était en patrouille sur le plateau de Rochebonne en février dernier (2018), il a filmé 2 chalutiers qui remontaient leur filet : 2 dauphins étaient pris au piège à l’intérieur des filets. L’un des dauphins semblait déjà mort, l’autre émettait des sifflements de détresse. Les 2 dauphins ont été montés à bord du chalutier mais l’équipage du Bob Barker n’a pas vu les dauphins être rejetés à la mer…

Un rapport de 2016 du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), de l’Observatoire Pélagis et de l’université de La Rochelle conclut que la mortalité des dauphins causée par les bateaux de pêche met en péril la survie de la population à moyen terme. Ajouté au fait que les dauphins ont une faible fécondité, sont particulièrement sensibles à la pollution chimique et plastique et que leur nourriture se raréfie, notamment à cause de la surpêche, la présence des dauphins en France est menacée.

D’après le même rapport, « les échouages de mammifères marins n’ont cessé d’augmenter le long de nos côtes depuis 20 ans ».

Les estimations des scientifiques, basées sur le chiffre de 800 cadavres de dauphins échoués en 1 mois et demi en 2017, parlent de 10 000 dauphins tués par des chalutiers chaque année !
 

Des mesures de protection des dauphins jugées insuffisantes

La loi oblige les pêcheurs à déclarer les éventuelles captures de dauphins. Mais aucun organisme n’a reçu l’habilitation pour recenser ces captures. (L’Observatoire Pélagis de La Rochelle, notamment, n’a pas obtenu l’autorisation pour récolter ces données.) Le programme OBSMER, commencé en 2003, établit une collaboration entre les pêcheurs et des scientifiques qui embarquent à bord des chalutiers afin d’observer et de collecter des données sur les pêches : engins de captures utilisés, zones de pêche, composition des captures, espèces rejetées en mer, captures occasionnelles ou accidentelles, météo, saison…

Pour Sea Shepherd, le programme OBSMER n’est pas à la hauteur de la tâche : le contrôle du nombre de dauphins capturés par les chalutiers dépend de la bonne volonté du patron de pêche (qui doit donner son accord pour accueillir un observateur) et les observateurs embarqués à bord des chalutiers pour effectuer leur contrôle n’auraient pas toujours accès aux informations dont ils ont besoin pour effectuer leur travail dans de bonnes conditions. Ils seraient même soumis à des menaces et pressions alors qu’ils observent des activités illégales (falsifications de déclarations).
 

Les solutions proposées par Sea Shepherd France

Sea Shepherd France propose plusieurs solutions afin de mettre en terme au massacre des dauphins en France :

1. Interdire la pêche au chalut sur les zones de frayères (lieu où l’espère se reproduit) du bar entre janvier et mars (à défaut de mesures adéquates pour éviter la pêche accidentelle de dauphins).

2. Mettre en place une meilleure surveillance des pêcheries et empêcher concrètement la vente de poissons juvéniles.

3. Désigner un organisme (l’observatoire Pélagis, par exemple) pour recevoir les données liées aux captures de dauphins par les engins de pêche.

4. Obligation pour les navires à fort taux de captures accidentelles de cétacés, d’être équipés d’outils de répulsion acoustique (des pingers, balises acoustiques, dont l’efficacité a été démontrée).
 

 

*

 
* Convention de Berne de 1979 relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe.
* Convention de Bonn ou Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage entrée en vigueur en 1983, à laquelle la France a adhéré en 1990.
* L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est un organisme non gouvernementale mondiale consacrée à la conservation de la nature. Le Comité français de l’UICN regroupe 2 ministères, 8 établissements publics, 42 organisations non-gouvernementales, et environ 250 experts. La liste rouge de l’UICN est un indicateur de l’état de la biodiversité dans le monde.
* Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Les Annexes I, II et III de la CITES sont des listes d’espèces bénéficiant de protection.

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