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[Test] Holy Potatoes ! A Weapon Shop ?! (Switch) : tu gères, purée !

Écrit par le 12/07/2018 et modifié le 14/07/2018 - Jeux vidéo - 0 commentaire

Quel jeu ai-je donc bien pu lancer ces jours-ci sur Switch alors que Nintendo vient d’y sortir un énième jeu Wii U maquillé ? Brassons large : un indé, bravo. Mais relativisons la médisance : Holy Potatoes! A Weapon Shop?!, puisque c’est de lui dont il s’agit, n’était jamais sorti sur aucun support portable digne de ce nom que ce soit. Et si le hasard veut que je rédige ces lignes alors que la version PC connaît actuellement une réduction de 75% sur Steam, le tarif de base reste le même entre ses différentes plates-formes d’accueil (moutures Android et iOS mises à part). Mais étant donné que Nintendo n’est pas réputé pour se montrer aussi généreux que l’oncle Gabe (en tout cas aussi souvent), mieux donc vaudra savoir à quoi s’attendre avant de tenter cette version Switch.

 

 
Dans Holy Potatoes! A Weapon Shop?!, vous héritez de la forge de votre grand-père pas forcément décédé et votre objectif, si vous l’acceptez, sera de trimer pour le compte de l’associé, escroc sur les bords, de votre pépé. Mais comme vous n’êtes qu’une patate nature, c’est à un artisan (vitesse), un concepteur (attaque) et un ferronnier (précision) que vous confierez la tâche de façonner des armes diverses et variées. Pas de panique, vous n’aurez qu’un objectif principal à remplir à la fois. Au début, on vous demandera de réaliser une arme avec les matériaux fournis. Quelques sélections et ce sera chose faite. Mais il faudra ensuite démarcher vos clients. Pour ce faire, choisissez le lieu renfermant un héros susceptible d’acheter votre bien. Pour s’assurer qu’il raquera un maximum, vérifiez au préalable les caractéristiques qu’il affectionne. Un héros pourra par exemple privilégier l’attaque en premier lieu et la précision en second lieu pour une hache. Satisfaire au mieux vos clients permettra d’augmenter plus vite la réputation de votre forge à maintes reprises.
 

 
Ensuite, pour découvrir de nouvelles armes et obtenir des matériaux sans toucher à sa bourse, il faudra envoyer un ou plusieurs de vos travailleurs explorer des paysages inconnus. Et pourquoi vous donneriez-vous ces peines ? Pour le design rond et mignon de l’ensemble multipliant les références à la pop culture de ces dernières décennies, pour la discrète mais emballante bande originale de Masahiko Kimura (Suikoden, Castlevania), et aussi pour les dialogues qui, s’ils ne semblent pas payer de mine, percutent de par notamment une impeccable traduction (et localisation) française.
 

 
C’est à peu près au moment où la répétitivité commence à pointer le bout de son nez que l’on vous invite à changer d’atelier, et la possibilité vous est enfin donnée de recruter des forgerons. Sauf vous n’irez pas beaucoup plus vite pour autant car il sera en effet toujours impossible de forger plus d’une arme à la fois. Et comme la progression passe nécessairement par la revente d’armes préalablement conçues, on aura tôt fait d’avoir la sensation de perdre son temps pour des objectifs qui n’évoluent finalement quasiment pas (avec des répétitions d’échange avec votre supérieur qui n’aident pas). Et encore, je dis ça après avoir connu un bug qui a multiplié par dix et vingt trois des caractéristiques de mes quatre premiers forgerons. Vous pensez bien qu’après ça, c’est un autre jeu qui s’est ouvert à moi, pas forcément le vôtre.
 

 
Reste que la mécanique de forger des armes, de les revendre, d’explorer et de récupérer des matériaux, tout ça pour gagner en renommée et changer d’atelier pour répéter le schéma, elle se ressent fort au point de donner l’impression de davantage travailler que de s’amuser (qui a dit free-to-play ?). Et les évènements aléatoires tels que des boost d’expérience sur un lieu donné, des requêtes d’armes légendaires ou encore des remises de prix n’y changent pas grand-chose. On finit par lire les saynètes en diagonale, validant ainsi aussi des choix sans le vouloir. La surpuissance de ma partie a toutefois pu éveiller en moi des sentiments n’apparaissant normalement qu’après une dizaine ou vingtaine d’heures de jeu.

Oui, le simulateur de patates forgeronnes Holy Potatoes! A Weapon Shop?! sait se montrer addictif, mais ses limites se visualisent rapidement. Dommage car en dépit de textes réduits, l’ergonomie de cette version Switch se veut bonne, avec un input lag (décalage entre l’entrée d’une commande et son exécution à l’écran) qui s’apprivoise facilement lors d’envois de forgerons en mission. À consommer avec modération, pour que l’expérience donne un gout de revenez-y.

 

 
Holy Potatoes ! A Weapon Shop ?!
Développé par Daylight Studios, édité par Rising Star Games.
En téléchargement payant depuis le 12 juillet sur Nintendo Switch (eShop Europe), aussi disponible sur PS4, PC (Steam), iOS et Android.
14,99€.

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