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Test : Silent Hill Downpour (PS3)

Écrit par le 16/05/2012 et modifié le 3/07/2015 - Jeux vidéo - 0 commentaire

Konami – PS3/Xbox 360 – Survival Horror – Disponible depuis le 29 mars 2012 en Europe

Je vous demande de bien vouloir me pardonner. Car je me présente à vous dans le but de vous exposer mon avis sur Silent Hill Downpour sans même avoir terminé le jeu, et pire, sans ressentir l’envie d’en venir à bout. Comme si cet abandon achevait de me signifier que cet épisode n’est peut-être pas un mauvais Silent Hill, mais qu’il n’y a aucun doute sur le fait qu’il ait été atrocement mal conçu. J’exagère peut-être mais vous mettrez ça sur le compte de la déception. Et tant pis pour le suspens.

Après le surprenant Silent Hill : Shattered Memories paru en 2010 sur Wii, PS2 et PSP, on pouvait se dire qu’on avait trouvé en Climax le digne successeur de la Silent Team. Personne n’a donc compris Konami lorsque celui-ci a annoncé que Silent Hill Downpour serait réalisé par les tchèques de Vatra, au CV aussi fourni et palpitant que le frigo d’un RSAiste le 25 du mois.


Mais étant donné que le genre survival horror n’a pas enregistré sur ces dernières années l’arrivée d’un nouveau pilier (ok, Dead Space si ça peut vous faire plaisir, et j’omets les productions PC par pure méchanceté), c’est armé d’une croix et d’une bannière que j’ai pris la décision de vivre ce nouveau voyage à destination de Silent Hill. Avec le faible espoir d’y voir autre chose qu’une vaine tentative de résurrection de la franchise. Pour la petite histoire, Silent Hill est une bourgade que votre serviteur adore parcourir et ce quel que soit l’épisode, par le sentiment de tristesse et de solitude qu’elle dégage et qui enveloppe le joueur en une poignée de minutes. Silent Hill semble coupée de notre monde, suspendue dans le temps et c’est probablement par sa dimension “bullique” qu’elle a séduit l’individu perturbé que je suis.


A la différence de la plupart des opus passés, le héros de Downpour n’est pas vraiment un individu lambda puisqu’il s’agit d’un prisonnier du nom de Murphy Pendleton, qui profitera d’un transfert loupé mouvementé vers un autre établissement pour se faire la malle. Et se paumer dans une ville de Silent Hill encore plus pénétrante qu’à l’accoutumée. Parce que pour la première fois dans la série, certaines portes de Silent Hill s’ouvriront dans le cadre de quêtes annexes très bien intégrées à l’univers. La durée de vie du soft y gagnera pour avoisiner la vingtaine d’heures de jeu.

Mais encore faudra-t-il avoir envie de rester aussi longtemps vissé à son pad. Silent Hill Downpour multiplie effectivement les ratés qui prennent malheureusement le dessus sur les efforts de Vatra de rendre une honnête copie. L’ambiance, par exemple, est là, même si moins prenante que d’habitude (les musiques de Daniel Licht, compositeur de la série Dexter, sont globalement de bonne facture et ne souffrent pas trop de la comparaison avec le travail d’Akira Yamaoka). Mais les développeurs ont visiblement eu du mal à maîtriser le hardware de nos consoles HD (et ont même échoué à cette tâche), le frame rate retombant trop fréquemment sous la barre des deux images par seconde. Une horreur, si vous n’aviez pas totalement compris le sens de la phrase précédente.

Le principal souci de Silent Hill Downpour provient du fait que Konami ait confié le développement de cet nouvel épisode à une équipe visiblement peu à l’aise au niveau technique et n’ayant jamais réalisé un SIlent Hill auparavant. On se retrouve donc avec des lourdeurs de gameplay impensables, comme ces combats qui n’avaient jamais été au cœur du système et qui se révèlent ici de véritables plaies. Les ennemis, à l’allure peu inspirée et clonés à l’infini, vous colleront au train dès qu’ils vous repèreront, et c’est plus de l’énervement que de la frousse que vous ressentirez à leur contact car en plus, les bougres paieront chèrement leur peau. Protégez-vous avec une arme, elle finira par se briser au bout d’un certain nombre de coups encaissés. Difficile aussi de mettre ces tristes sires à terre sans se faire toucher au moins une fois, bref, si les affrontements s’avèrent pénibles à livrer, c’est surtout leur fréquence et leur aspect “vous ne nous éviterez pas” qui irritera le plus.

Et la peur alors ? Elle a oublié d’être à l’heure, et ne fera irruption qu’au bout d’une dizaine d’heures chez les moins sensibles d’entre vous. Pour ma part, elle m’a glacé le sang durant une mission facultative, pour se diffuser ensuite dans la seconde partie du jeu. Certaines situations atypiques, à défaut de réellement surprendre (oh, j’ai la tête à l’envers), se contenteront d’amuser le joueur et de briser le temps de quelques minutes sa progression relativement classique. Et puis on pourra en arriver à se dire que Silent Hill 4 : The Room n’était pas si mal après tout. D’autres tares répondent également à l’appel, comme ces temps de chargement abominables dès que l’on recharge une partie, ou encore la lenteur du défilement de l’inventaire. Et encore, je ne vous dit pas tout, même si alourdir le listing n’est plus vraiment nécessaire.

J’aurais voulu l’aimer, il ne m’aura au final que frustré par ses errances impardonnables. Shattered Memories demeure de ce fait le Silent Hill le plus maîtrisé de cette génération. Progressivement agréable pour ce qui reste un bon coup d’essai pour Vatra, Silent Hill Downpour a cependant eu raison de mon abnégation alors qu’il ne me restait que 20% de son aventure à accomplir. Pas grave, il était temps que j’aille me sécher de toute façon.

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