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The Cave (PC), le test dont on ne vous garantit pas la fraîcheur

Écrit par le 30/01/2013 et modifié le 29/03/2016 - Jeux vidéo - 0 commentaire

Double Fine Productions – PC, PSN, XBLA, bientôt sur l’eShop Wii U – Disponible depuis le 23 janvier 2013 (24 janvier 2013 sur Steam) – 12,99€/1 200 Microsoft Points

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Petite séance d’auto-flagellation pour débuter ce test sur d’honnêtes bases, et aussi histoire de mettre à mal ma crédibilité (ne riez pas) de rédacteur JV, parce que le masochisme, ben je dois aimer ça un minimum : Ron Gilbert, je ne connais pas vraiment, pas suffisamment en tout cas pour le désigner comme un génie avec toute la sincérité du monde. Alors oui, ce presque cinquantenaire a créé Monkey Island, série de point and click tordants et cultes auxquels j’avoue cependant n’avoir que peu touché, mais ma visibilité du bonhomme s’arrête là, contrairement à mon respect pour l’homme et son œuvre (vous savez maintenant que les anges ont un sexe).

“Euh, hum, votre fille, euh… ha ha, vous allez rire…”

Oh et puis vous ne pouvez pas m’en vouloir, Ron a disparu des radars après la sortie d’un certain Total Annihilation en 1997 pour ne redevenir visible sur la scène vidéoludique que plus de dix ans plus tard, avec Penny Arcade Adventures sur lequel il travailla en tant que consultant (ça se voit tant que ça que je tente d’optimiser à fond ma consultation de sa page Wikipédia ?) Autant dire que si l’on avait loupé Monkey Island à l’époque de sa sortie initiale et, un peu plus tôt, Maniac Mansion, on se situe alors dans la catégorie de joueurs qui n’attendaient pas avec grande impatience (voire pas du tout) l’entrée dans la lumière de The Cave, titre développé par Double Fine Productions (avec à sa tête l’ex-barbu Tim Schafer), chapeauté par M. Gilbert et récemment débarqué sur PC, PSN et XBLA. Me voilà donc à m’enfoncer dans ce tunnel sombre, mal éclairé et qui sent peut-être un peu afin d’approfondir ma connaissance de ce cher et tendre Ron. Vous avez intérêt à ne pas me faire regretter de vous avoir fait confiance, vous qui élevez Ron Gilbert au rang de grand gourou du jeu d’aventure, parce que je sais déjà que les atmosphères caverneuses pleines de moisissures, ça risque de rappeler mon rhume d’il y a quelques jours.

Après avoir légèrement sué du front avant même d’avoir lancé le jeu (la faute à une configuration de langue peu visible, clic droit sur le nom du jeu dans votre liste Steam puis Propriétés), une voix rocailleuse (qui se trouve être celle d’une caverne, ça commence bien) nous introduit avec humour et une tension toute relative dans l’univers de The Cave, un endroit que les âmes en peine chercheraient à explorer en profondeur afin de trouver mille et une réponses à leurs interrogations les plus existentielles (oh, mais ça ne vole pas forcément toujours bien haut hein, vous êtes-vous déjà rendu sur Yahoo Q/R ?) Sept prétendants vous attendent à l’entrée, sélectionnez-en un pour que La Cave vous narre ses motivations, mais je sais très bien que vos préférences s’établiront selon la dégaine d’untel ou untel. Devant vous donc, un casting improbable à l’allure cartoon où la parité homme/femme est parfaitement respectée et où chacun dispose d’une capacité unique et spéciale pour justifier son existence (il faut bien, tout le monde étant capable de pousser et tirer des caisses). Le chevalier en armure jouit d’un pouvoir d’invincibilité, la voyageuse temporelle peut se téléporter droit devant elle sur une courte distance, le fermier est capable de retenir sa respiration plus longtemps sous l’eau (et pourquoi pas ?) et les jumeaux tim burtoniesques peuvent se dédoubler.

Au moment de partir à l’aventure (ou alors, comme moi, après vous être rendu compte qu’il est impossible de progresser tout seul), il vous faudra porter votre dévolu sur trois d’entre eux, ni plus, ni moins, et progressivement, apprendre à jongler avec ces personnages lors de très nombreuses situations où la coopération sera de mise. Une aventure qui prend de prime abord la forme d’un jeu de plate-forme 2D mais qui se dévoile assez vite et sans grande surprise finalement comme un point & click habilement dépoussiéré (me rappelant d’ailleurs un peu le Zack & Wiki de Capcom). Car on y retrouve certains codes du genre comme ces objets figés dans le décor dont le nom apparaît à l’écran et sur lesquels on pourra interagir avec d’autres objets ramassés en cours de chemin, mais d’une manière pas si tordue que cela, même pas du tout si l’on repense aux énigmes parmi les plus folles de Monkey Island.
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La différence que The Cave affiche par rapport aux points & click traditionnels se situe dans le fait que le joueur dirige ici directement les personnages à l’écran, au lieu d’amener ces derniers à tel endroit après avoir cliqué à la souris sur la zone voulue (ouaip, même topo que pour les Broken Sword 3D). On n’y gagne pas vraiment en challenge car les sauts ne sont jamais à calculer au millimètre près et vous n’aurez aucun combat à mener dont l’issue dépendra de votre dextérité à la manette. Les morts ne sauraient elles aussi se montrer pénalisantes car elles ne vous ramèneront jamais très loin en arrière. Non, le jeu en veut uniquement à vos méninges mais prendra toutefois son temps avant de les amener à ébullition.

Première mission du jeu, le gérant d’une boutique de souvenirs demandera à ce que vous lui rameniez trois objets de valeur qu’il pourra ensuite revendre à qui veut. Vous pourrez choisir d’allouer cette tâche à un unique personnage ou bien de dispatcher chacun de ces derniers sur une voie différente afin de gagner du temps. D’ailleurs, dans le cas de figure où vous auriez récupéré ces trois reliques avec vos trois personnages, en rapporter une au gérant téléportera automatiquement vos deux autres compagnons auprès de vous. The Cave essaie ainsi d’éviter au joueur de lourds allers-retours, et dans le même ordre d’idée, lorsque vous pénétrerez dans une nouvelle zone avec un perso, les deux autres vous rejoindront sans que vous ayez à lever le petit doigt. Les ulcéreux peuvent déjà souffler.

“Bon, c’est ouvert. Mais ça se refermera si l’un d’entre nous relâche son levier. Hum…”

Par la suite, les choses se compliqueront, avec, au niveau du schéma de jeu, plusieurs zones à “compléter” successivement avec notamment une quête spécifique à chaque personnage (lequel demandera toutefois toujours à se faire aider, bien entendu), sans compter qu’il est apparemment possible d’avoir des aboutissements différents pour une même quête. Ce qui est génial, c’est que quelle que soit la combinaison choisie, vous n’arriverez jamais à être bloqué(e), même en refaisant une quête accompagné(e) d’un “ancien” et de deux nouveaux personnages, certains passages se débloquant ainsi lorsque d’autres seront inaccessibles selon la composition de votre équipe (du co-op en local est d’ailleurs possible). Et parce que The Cave a quand même été conçu par des gens remplis d’humour, les quelques saynètes du jeu qui se mettront en place pour vous indiquer la voie à suivre possèdent cette touche décalée et plaisante qui caractérise si bien l’écriture de Ron Gilbert (oui bon, ça va hein), de même que les commentaires sarcastiques de La Cave qui devraient vous motiver juste ce qu’il faut pour aller de l’avant.

Et au fur et à mesure de votre avancée, vous comprendrez que les dénouements sont bien souvent morbides ou, au mieux, contraires à une certaine éthique. Quand les jumeaux fouleront l’entrée de la demeure familiale sur une allusion macabre de la voif-off, vous aurez tôt fait de comprendre la raison finale de leur venue et surtout, et c’est peut-être ça le pire, de vouloir les aider dans leur entreprise. Les énigmes en elles-mêmes n’ont pas grand chose d’insurmontable et leur résolution s’inscrivent dans une logique sensée, ce qui n’était pas gagné d’avance, vous en conviendrez. Comptez sept heures pour sortir de la caverne avec vos trois premiers survivants, ce qui nous fait donc une quinzaine d’heures de jeu au total en comptant tout le monde et en explorant toutes les voies possibles. Très acceptable, mais pour prétendre à vraiment marquer les esprits, The Cave aurait gagné à nous faire vivre une épopée (même débile) au lieu de nous faire passer d’une histoire à une autre sans réels liens entre elles.

On se sent bien en jouant à The Cave. L’ambiance est légère, les musiques tellement discrètes qu’on les apprécie d’autant plus, le gameplay jamais réellement frustrant et les répliques humoristiques toujours bienvenues. Beau, bien écrit et disposant d’une durée de vie correcte, The Cave ne laissera peut-être pas une trace indélébile de son passage dans le paysage vidéoludique faute d’avoir fait avancer le schmilblik, mais il a pour lui de nous faire profiter de nouveau du talent de Ron Gilbert, qui nous avait bien manqué, ça oui.


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