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La soif primordiale – Pablo de Santis

Écrit par le 9/03/2012 et modifié le 10/03/2012 - Cultivée, Livres - 0 commentaire

Dans la Buenos Aires des années 50, à l’ombre de la dictature, Santiago, un jeune provincial réparateur de machines à écrire, se retrouve par hasard responsable de la rubrique ésotérique du journal où il travaille et informateur du ministère de l’Occulte, organisme officiel chargé de la recherche sur ces thèmes et les vérités qu’ils recouvrent. Malgré son scepticisme à l’égard du surnaturel, Santiago assiste à une rencontre de spécialistes des superstitions, y est témoin d’un meurtre et mis en contact avec “les antiquaires”, des êtres extraordinaires qui vivent dans la pénombre entourés d’objets anciens, vendent de vieux livres et sont la proie d’une soif primordiale, celle du sang. Le hasard ou le destin, mais surtout un étrange amour, puissant et troublant, amènera Santiago à ne plus résister à cette soif et il devra alors chercher à survivre, peut-être pour l’éternité, dans un monde hostile.

C’est en 1987 que l’Argentin Pablo de Santis publie sa première nouvelle Le palais de la nuit. Suivront Desde el ojo del pez, La sombra del dinosaurio, El ultimo espia, destinées aux adolescents. Mais c’est en tant que chef de la rédaction de la revue Fierro, dans laquelle il écrivait quelques petites histoires qui ont été réunies dans le recueil Rompecabezas que de Santis fait ses premiers pas dans l’écriture. Il dirige aujourd’hui les collections La movida y obsesiones destinée aux adolescents et Enedé qui publie les classiques argentins. Le Cercle des douze, une enquête philosophique dans les ruelles de Buenos Aires, paraît en France en 2009, aux éditions Métailié.

Des clichés sur les vampires, il y en a des centaines. Ce livre a l’avantage de ne pas trop céder à cette facilité et de proposer un récit original et relativement “moderne”. Le goût du sang peut être remplacé par un élixir mystérieux et les « antiquaires » (ainsi que sont nommés ces vampires) peuvent mener à peu près normalement leur “existence”. Hormis le fait qu’ils ne peuvent aimer sous peine de tuer la personne de leur cœur… On aime parce que ce roman dégage une ambiance que l’on imagine être celle de Buenos Aires dans les années 50, en plus d’une aura de mystère et de danger.

Métailié, 246 pages, 18.50 € (littérature espagnole)

 

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